Désinformation, manipulation, histoire et tradition !

Le doigt sur la couture, à la botte d’intérêts privés partisans, tout en occultant l’intérêt collectif, certains Députés se prennent les pieds dans le tapis de la continuité écologique…leurs manœuvres répétées ne laissent guère de doute !

Alerté par nos réseaux, nous nous faisons l’écho ici de l’argumentaire analytique fourni par un membre des Structures Associatives de la Pêche de Loisirs. Une chronique désastreuse de la réalité parlementaire que nous confions à votre jugement…

Les années 2017, 2018 et 2019 ont été marquées par différents épisodes législatifs particulièrement préjudiciables pour l’atteinte du bon état écologique des eaux dont la France devra répondre devant l’Europe.

Arrêtons-nous tout d’abord au « pied des moulins », et prenons la température législative.

Un contexte législatif récent tourné vers la destruction des cours d’eau

Ainsi du côté des lois et depuis 2016, nos parlementaires ont autorisé des assouplissements au profit des seuls propriétaires de moulins. Ils emportent de véritables inquiétudes et interrogations quant à l’instrumentalisation de la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques de 2006.

De manière globale, outre la remise en cause sévère de l’autorité de l’Etat, ce sont des fondamentaux de l’architecture et des principaux éléments structurants de la loi sur l’eau et de la politique de l’eau qui sont mis à mal. Il s’avère en effet que la continuité écologique subit depuis plusieurs années déjà une remise en cause très sérieuse de son principe.

Ce ne sont pas moins de quatre lois qui ont été, par couches successives, instrumentalisées au profit des « moulins » et des intérêts de leur propriétaire :
– Loi pour la préservation de la biodiversité de 2016,
– Loi liberté de création, architecture et patrimoine de 2016,
– Loi sur l’autoconsommation d’électricité et les ENR – février 2017,
– Loi sur le Climat et l’Énergie de 2019,

Par ailleurs, en 2018, un projet de loi avait été déposé le 18 mars à l’Assemblée Nationale par la Députée de l’Orne, Véronique LOUWAGIE. Projet qui faisait suite à un premier texte déposé au Sénat en décembre 2017. Ce projet n’avait pas trouvé de suites. Nous y reviendrons ci dessous…

Complété de textes d’exécution, la fissure s’’accentue : Manque de transparence sur les ouvrages prioritaires « anguilles », Courrier de la ministre de l’Ecologie aux Préfets du 9 décembre 2015 leur demandant de « calmer le jeu » en matière de restauration de la continuité écologique, Amendements à la loi biodiversité déséquilibrant de manière substantielle les compromis de la LEMA de 2006 et enfin tentative de donner un quitus général aux systèmes hydrauliques dans le projet de loi patrimoine…les coups de boutoir se succèdent à tous les niveaux !

On pourrait comprendre d’un côté la nécessité d’un dialogue à reconstruire face aux contraintes réglementaires votées et décidées…et bien cela a été le cas lors du débat sur la charte « moulins et continuité écologique » : un échec. Faut-il faire preuve de bonne foi à la recherche du meilleur consensus possible. Et non pas rechercher à défendre ses seuls intérêts…

Il est par ailleurs regrettable de constater que les parlementaires ne défendent pas  à cette occasion les compromis obtenus lors de la loi sur l’eau qui a mis pour mémoire plusieurs années à émerger…

Des parlementaires spécialistes du « en même temps »…pris dans les filets du clientélisme !

Grossière, la manœuvre répétée ne peut plus rester dans l’indifférence! On ne peut pas d’un côté rappeler le caractère décisif de la continuité écologique dans l’atteinte des objectifs de la DCE ad’hoc et l’abandonner au gré des retouches successives intelligemment orchestrées depuis 2014, initiatives soutenues par quelques parlementaires partisans.

Retenons que la continuité écologique est ainsi toujours discutée fermement notamment par le Sénat et l’Assemblée Nationale qui y voit, en général un dispositif coûteux, inutile, …mais surtout contraire aux intérêts des propriétaires des moulins : l’abandon de l’intérêt collectif au profit de quelques-uns.

La gestion équilibrée et durable de la ressource, la continuité écologique sont aujourd’hui clairement menacées.

Les articles de loi ci-dessus cités en faveur des moulins vont à l’exact opposé de cette politique d’amélioration des rivières et menace donc de nous interdire de satisfaire à nos obligations européennes, nées de la directive cadre sur l’eau (DCE) : une évidence !

Le tout est accompagné de campagnes de désinformation organisées auprès des propriétaires d’ouvrages visant à mettre en échec certaines opérations coordonnées de diagnostics partagés, au risque avéré de perdre tout financement public :  L’attitude des amis des moulins apparaît pour le moins irresponsable et révélatrice d’un certain état d’esprit, qui est celui de tout faire pour obtenir un report des échéances de leurs obligations !


L’intérêt privé supérieure à l’ambition collective…désinformation, manipulation, histoire et tradition !

Par ailleurs ce dernier amendement d’octobre 2019 à la loi biodiversité remet les politiques d’intérêt général au même niveau que la conciliation des usages, et revient à ranger les intérêts privés (la production d’électricité au bénéfice de particuliers) et publics (la santé des rivières et des milieux aquatiques) au même rang : une aberration !

On notera que cet article favorise l’appropriation privative de biens collectifs (les cours d’eau) incitant à l’altération de notre patrimoine piscicole et environnemental national pour la production de quelques kilowatts et l’enrichissement de quelques-uns. Merci à nos parlementaires !

En écho, L’Histoire est, dit-on, un éternel recommencement, que nous qualifierons ici plutôt de renoncement. En effet avant la révolution française, certains cahiers de doléances faisaient état des droits exorbitants des meuniers.

Extrait du Cahier des Doléances de la Sénéchaussée de Rennes – assemblée générale fixée au 7 avril 1789


ART. 12. – « Si le respect pour les droits de propriété empêche de demander l’extinction des droits… et des banalités (usage obligatoire et payant) des moulins, – il est indispensable de remédier aux abus sans nombre qui résultent de ces droits et de les restreindre par des lois précises dans de justes bornes – fixant le temps et la manière d’user du droit – sans qu’une possession abusive ou des titres non connus et non suivis d’une possession publique puissent y suppléer par aucune jurisprudence …

…En abolissant les corvées pour les moulins, qui n’ont aucun principe légal et n’ont été établies que par un usage abusif, consacré par une jurisprudence, qui ne peut subsister ; – en donnant la faculté de se racheter à un prix modéré des banalités, si contraires à la liberté, qu’on doit regarder cette faculté comme raison suffisante du bien public ».

Dans de nombreux départements entre autre, les banalités, surtout celles concernant les moulins, sont violemment attaquées. « Reste de tyrannie et de servitude », leur suppression est demandée en même temps que sont dénoncés les « rapaces » et « impitoyables » meuniers.

Parallèle surprenant…Aujourd’hui s’il subsiste peu de meuniers, il semble que les nouveaux propriétaires de moulins, pas parmi les plus démunis de notre société, se prévalent et revendiquent des droits tout aussi exorbitants que leurs « ancêtres » et échappent ainsi à la loi.

A partir de là, si vous faites référence aux droits fondés en titre (droits féodaux qui ont résisté à l’abolition de la féodalité pendant la Révolution et qui ont perduré malgré les nombreuses réformes de la législation française), je vous laisse le soin de choisir le qualificatif le plus adapté à ces propriétaires d’un autre temps et à nos parlementaires élus aujourd’hui qui instrumentalisent la loi à leur seul bénéfice et à celui de certains usages ciblés !

Nouvelle illustration, nous évoquions plus haut le projet de loi de mars 2018 consacré aux « moulins et petite hydroélectricité » : une proposition de loi grotesque en faveur des moulins…

Présentée à l’Assemblée le 18 mars 2018 par Véronique LOUWAGIE, soutenue par Jérôme NURRY entre autres, par Peter VIGIER, Député de Haute Loire et porté par Patrick CHAIZE, sénateur de l’Ain (et vice-président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire), un projet de loi à contre-courant, voire d’un autre temps, qui avait été à l’étude entre le Sénat et l’Assemblée. Il visait à développer la capacité hydroélectrique des moulins en éclipsant purement et simplement deux décennies de la politique de l’eau appuyée sur des données scientifiques et des résultats incontestables !

Le projet de loi de 2018 était totalement hallucinant. Il proposait notamment d’aménager la définition des réservoirs biologiques, des seuils et barrages en faveur du développement de l’hydroélectricité !

Ce texte envisageait également que « les moulins ne puissent être taxés au titre des dommages à l’environnement », ces derniers restituant toute l’eau en sortie de système hydraulique et participants même à l’épuration de l’eau ! Ceci n’était vraiment pas sérieux !

Le projet de loi dressait un tableau idyllique mais gravement erroné du rôle des moulins pour la transition énergétique et pour le fonctionnement des rivières. Selon l’auteur, plusieurs études montreraient que les moulins réduisent les pollutions des cours d’eau, augmentent l’autoépuration de l’eau et la survie des organismes aquatiques, etc. !

Ce rapport, dont certaines parties relèvent quasiment de la désinformation dans les plus hautes sphères de la nation, est scandaleux, alors que parallèlement les services de l’Etat, les collectivités, les associations travaillent depuis plus d’une décennie, avec des résultats à la clé, à l’amélioration de la qualité des cours d’eau, de la vie aquatique et du patrimoine commun en effaçant les retenues sur les cours d’eau ainsi que les obstacles afin de favoriser le libre écoulement des eaux.

Aberration nouvelle, le potentiel hydroélectrique de notre pays est développé à plus de 90% (les 10% restants étant « irréalistes »). C’est d’ailleurs pour cela que la puissance hydroélectrique installée stagne depuis plusieurs années en France et n’augmentera presque plus. Le Ministère l’a d’ailleurs intégré dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie mais les hydrauliciens ne semblent pas de cet avis. Ainsi les lobbies de l’énergie hydraulique sont plus que jamais sur le terrain et dans la gouvernance pour faire passer sous l’étendard de la transition énergétique une loi qui affaiblirait encore une fois la santé de nos cours d’eau.

Rien n’y fait pour autant, Après les propositions du Comité National de l’Eau et la toute récente circulaire « Pour une continuité écologique apaisée », il y eut cet été l’adoption de loi « climat-énergie » avec une augmentation des objectifs de production de la petite hydroélectricité (contraire aux objectifs fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie)…Allez y voir une cohérence ! le fameux en « même temps » de la majorité actuelle…Chasser le diable par la porte, il repasse par la fenêtre…

Par-delà une question fondamentale subsiste. Quelle peut être la pertinence d’une production nationale de micro ou pico hydroélectricité subventionnée depuis 40 ans, avec des débits de cours d’eau qui ne cessent de s’affaiblir, accompagnée d’une dégradation évidente de la qualité des eaux ?

Si nous nous référons à l’exposé des motifs, la réponse et les motivations de ces Députés sont manifestement ailleurs…


Le nouveau projet de loi…une nouvelle charge destructrice de nos cours d’eau !

Le nouveau projet de loi ci-dessous déposé à l’Assemblée Nationale le 16 octobre dernier et porté par des Députés de l’actuelle majorité gouvernementale, est tout autant irresponsable.

L’impact cumulé des biefs et des barrages semble être totalement inconnu pour les auteurs. Le texte va même jusqu’à proposer que « les moulins soient exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties en raison du rôle qu’ils jouent au bénéfice de l’intérêt général ». Cela n’est-il pas grossier sachant que les producteurs bénéficient d’un tarif d’achat d’environ 4 fois le prix de marché sur le dos des abonnés au réseau public d’électricité (via la taxe CSPE) ? Les moulins ont certes une valeur patrimoniale historique, mais leur usage et fonctionnement actuel est bien loin de ce qui les a vus naître il y a plus d’un siècle.

Alors non, restons sérieux, pas de loi pour généraliser les projets hydroélectriques sur les moulins, mais des examens au cas par cas !

Pour conclure, toutes ces nouvelles dispositions des lois évoquées méconnaissent les principes d’égalité des citoyens devant de la loi et devant les charges publiques…les associations le cas échéant se chargeront d’établir ce nouvel écart de nos parlementaires.

http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2333.asp

Et si les 3800 AAPPMA le faisaient…

A l’occasion des futures élections municipales de mars 2020, nous avons l’occasion de solliciter ceux qui se destinent à la prise de responsabilités afin de connaitre leurs intentions. Dans un contexte d’intercommunalités où le maire perd nombre de ses pouvoirs il n’en reste pas moins, avec son équipe, ceux qui porteront nos volontés dans ces assemblées parfois hors normes (90 communes regroupées pour la nôtre). Centre de décision future ces assemblées scelleront pour une part les reconquêtes ou le glas de nos cours d’eau par la mise en place ou non d’une politique volontariste de reconquête et de préservation.

Chaque AAPPMA de France doit saisir l’occasion et interpeller nos futurs représentants afin de faire valoir la protection des milieux aquatiques.

Alors nous faisons notre part ici sur notre territoire…

Retrouver le courriel que nous adressons aux candidats identifiés de notre vallée :

« Bonjour,

A l’instar de la liste concurrente et dans un souci d’alerte collective, permettez-moi d’apporter notre pierre à votre ambition.

Tout d’abord notre association forte de ces 200 membres, agit dans un cadre statutaire défini par le code de l’environnement qui lui permet de bénéficier d’un agrément préfectoral lié à protection de l’environnement et tout particulièrement du milieu aquatique.

Son siège social est établi à Chidrac depuis plus de 80 ans.

Gestionnaire de l’activité de pêche de loisirs, protecteur des milieux aquatiques, de la Couze Pavin et de ses affluents sur plus de 130 km au total, nous nous inscrivons au sein d’un réseau départemental et national faisant de notre loisir le 2ème sport et  loisir de France générant plus de deux milliards d’euros d’impact économique.

Acteur local de la vie sociale par nos 6 rendez-vous collectifs annuels, nous vous informons que régulièrement nous finançons aussi l’animation de « journées découverte  des milieux aquatiques » au profit de vos RPI et/ou des centres d’animation de la jeunesse. Cette année c’est l’Espace Jeunes installé à Chidrac et ses 15 adolescents, de chez nous, qui a pu profiter d’une séance d’initiation à la « pêche à la mouche ».

Par ailleurs, notre territoire, riche de ses ressources naturelles d’exception dispose d’un potentiel  sous exploité permettant néanmoins à 3 guides de pêche professionnels d’accompagner des touristes pêcheurs et leur famille sur nos vallées tout au long de la saison.

Nous n’avons eu de cesse au cours des 10 dernières années de promouvoir bénévolement et sans aucun soutien, grâce à nos réseaux, notre territoire. Nos efforts ont permis :

  • La réalisation de trois reportages effectués sur la Couze Pavin par un grand Média télévisuel national (TF1) à l’occasion de l’ouverture nationale de la pêche.
  • Une multitude de reportages télévisés sur la chaine régionale (France 3), sur les chaines du web du grand Lyonnais, ainsi que de nombreux articles dans la presse spécialisée nationale.
  • La réalisation d’un documentaire régulièrement diffusé sur Seasons, chaine internationale spécialisée, intitulé « Pêche au Toc du Massif Central aux Pyrénées » où nos membres, bénévoles, font l’éloge de la vallée.

Si la création de parcours pêche spécifiques et la mise en place de zones d’accueil fléchées, tournées vers le tourisme halieutique furent accompagnées dans leur mise en place par nos structures, nous constatons avec l’abandon des communautés de communes un net recul de la volonté politique de promouvoir ce potentiel.

Nécessitant un patrimoine naturel restauré et fonctionnel, notre activité repose sur des cours d’eau en parfaite santé. Là aussi, si nous avons longtemps accompagné le contrat de territoire porté par le SIAV « Couze Pavin » visant à reconquérir la Couze Pavin et ses affluents, son abandon, provoqué par la dissolution des compétences communales dans les deux géants que sont « Agglo Pays d’Issoire » et l’intercommunalité du « Massif du Sancy », nous interroge sur notre capacité collective à mettre en œuvre des projets ambitieux de développement durable.

Nous connaissons l’appétence des Présidents respectifs de ces intercommunalités pour la cause environnementale et le développement durable. Hommes du passé, installés depuis plus d’un ¼ de siècle, ils appliquent des recettes d’un autre temps au service d’une économie corrosive qui conduit les plus faibles à ne jamais profiter des bénéfices issus des investissements produits par l’impôt de tous.

Notre question est simple, comment comptez-vous faire dans une intercommunalité à 90 pour renforcer la préservation et la défense de notre environnement naturel ?

Par-delà notre interpellation, nous vous encouragerons dans vos démarches par un soutien consultatif que nous sommes prêts à examiner.

Notre expertise est à votre disposition. »

Que c’est dur d’espérer !

une trentaine de personnes nécessaires à la tenue de la pêche électrique du 10/09/2019…pour continuer d’espérer !

Comme nombre de cours d’eau d’Auvergne et de France métropolitaine, la Couze Pavin subit la sécheresse mais résiste mieux que d’autres. Alors que près de 40% des cours français ont connu l’assec cette année, notre rivère est à 400 l/sec depuis fin aout : légèrement en dessous de son débit réservé nécessaire à la protection du milieu et où tout prélèvement est désormais interdit. En revanche certains tributaires connaissent l’asséchement, comme le ruisseau d’Antaillat depuis de long mois…seule sa tête de bassin connait un très léger filet d’eau entretenant l’espoir de lendemain meilleur.

Malgré la bonne tenue de la population piscicole constatée, les conditions de vie du milieu se dégradent sous nos yeux ! la facture viendra si rien ne change…

Dans ces conditions, la pluie est attendue ! Symbole des crispations nouvelles, les années sèches s’accumulent sur le « château d’eau » de la France…L’Allier, le Cantal sont « en crise », le plus haut niveau d’alerte, et les mesures de restriction les plus drastiques ne suffisent plus pour certaines communes ravitaillées en camion citerne !

Ces dernières années les automnes se sont faits toujours plus secs. L’optimisme n’est pas de mise pour nos cours d’eau et la vie aquatique.

Conséquence directe de ces périodes de changement, les températures d’eau estivales augmentent sur nos eaux salmonicoles. Nous en avons déjà parlé mais cette année 2019 a révélé sur certains cours d’eau locaux célèbres des températures maintenues à plus de 18,5°C sur 30 jours…le signe de grandes difficultés à venir : tributaires assecs, températures inappropriées à la survie des juvéniles sur les vallées…nous payons les conséquences de notre insuffisance collective !

Malgré tout…

Salariés de la FDPPMA63 en action, ces techniciens cultivent plus d’1/4 de siècle d’expérience à notre service…

La peche électrique réalisée le 10 septembre par les bénévoles et les techniciens fédéraux ne marque pas d’écarts significatifs sur la population salmonicole de la Couze Pavin. Résultat encourageant et conforme, sous les yeux de jeunes étudiants du Lycée agricole de Rochefort Montagne, il n’en est pas moins sursitaire ! Alors bien sûr chacun ira de son commentaire sur l’interprétation des données statistiques qui seront présentées à notre Assemblée générale…Les apprentis sorciers ayant toujours des explications plus pertinentes que des professionnels cultivant près d’1/2 siècle d’études et de données qui partout dans le monde révèlent les même vérités. Sauf bien sûr chez nous, chez vous…où ce serait différent ! La nature humaine et ses contradictions : ne pas affronter la vérité pour retarder l’échéance, à l’image de notre incapacité à réagir face au changement en cours !

Autre point de difficultés la gestion chaotique du contrat de territoire en fin de cycle, après plus d’une année et demi d’agonie (licenciement des personnels en 2019), il n’est pas allé à son terme. les dernières études, les derniers travaux budgétés n’ont pas eté exécutés. Source de déception au final, malgré tout notre appui y compris financier, force est de  constater que les atermoiements politiques de la vallée et la lutte assoiffée du pouvoir auront scellé dans l’oubli général le sort des cours d’eau locaux : un constat ! Le grand machin « Agglo Pays d’Issoire » ayant récupéré la compétence associée de gestion : une grande fusion de tous les contrats seraient en cours! Il serait urgent que les AAPPMA s’adaptent à ce nouveau partenaire et puissent faire porter leur voie. Un regroupement d’intérêt semble indispensable si l’on veut pouvoir se faire entendre par-delà ce regroupement de 90 communes, 400 salariés et 4 vallées. Une petite dizaine d’AAPPMA à coordonner, engluer chacune dans ses difficultés…un joli défi pour qui voudra !

Les années à venir s’annoncent donc difficiles, déficit quantitatif d’eau, changement climatique, abandon politique…les indicateurs virent au rouge ! Un vent nouveau réactionnaire est impératif. Qu’en sera-t-il pour les prochaines élections de notre système associatif, alors que les divagations de gestion des pouvoirs publics continuent à grand coups de décrets nationaux pour abaisser les débits réservés, ou privatiser la ressource dans des retenues collinaires…ils nous disent de continuer vers l’abysse, alors qu’il nous faut nous adapter ! Oui c’est dur d’espérer face à tant d’insouciance et d’assumer face à « nos jeunes » notre incurie. Ils feront mieux nous l’espérons !

Ce « râle » d’agonie de la Couze Pavin…

Ce « râle » d’agonie de la Couze Pavin…

A l’heure où le bassin versant de la Couze Pavin connait une période de sécheresse historique, où ce « râle » mécanique de la motopompe transperçant la nuit trahit celui d’une rivière à l’agonie qui donne, encore et toujours, ces dernières « forces » à notre soif collective, il nous semble important de rappeler quelques règles et de nous interroger sur nos pratiques collectives.

Qui décide de quoi ?

L’Eau en France est décrétée « ressource commune » par le contexte législatif. Elle n’appartient à personne ! ou à nous tous c’est selon ! Préalable indispensable pour bien comprendre avant toute autre chose.

Sa gestion en France repose sur un système de concertation et par grands bassins versants (six au total) où siègent à la fois des élus et des représentants de la société civile. Collectrices de taxes et « financeuses » de projets, ces instances orientent les grands choix de gestion dont nous dépendons tous afin de garantir l’avenir de chacun !

L’État, garant de l’intérêt général, s’assure lui de toutes mesures visant à assurer la protection de la ressource tant en quantité qu’en qualité. Par ce biais, il prend notamment toutes dispositions visant à garantir les usages.

Prélèvement d'eau dans la Couze Pavin : 30 m3 par heure au service de la culture post moisson...il parait !
Prélèvement d’eau dans la Couze Pavin : 30 m3 par heure au service de la culture post moisson !

Dans le cas qui nous occupe, la préfecture est bien l’une des autorités compétentes via ses services spécialisés pour prendre des arrêtés visant à organiser les usages. En cas de sécheresse notamment, elle organise les prélèvements et les éventuelles restrictions après avoir consulté les avis des différents représentants des collectifs d’usagers. L’arrêt le plus connu est l’arrêté de circonstance dit de « restriction » touchant tous les usages ou non…exceptionnel et limité à la période estivale il y a moins d’une décennie, il couvre à ce jour prés de 70 départements cette année, jusqu’ à devenir permanent pour quelques-uns et ce depuis 2018. Le signe annonciateur de grandes difficultés !

D’autres Arrêtés préfectoraux, moins connus, comme ceux organisant l’irrigation sont pris chaque année et sont actualisés. Ils obligent les irrigants à se déclarer, et surtout à fixer les seuils de débit minimal (réservé) vital pour la vie aquatique, interdisant de fait tout prélèvement dés ce seuil atteint.

Nos pratiques collectives en France

130 litres d’eau journalière sont consommés par chaque Français pour son usage dit « domestique »! soit un peu plus de 48 m3 par an. Au 19 ème siècle 15 à 20 litres étaient nécessaires. Il est à noter que 93% de cet usage est dédié à l’hygiène, dont la douche et le bain pour 39 % à eux seuls. Seulement 7 % de notre consommation du foyer est dédié à l’alimentation. Par ailleurs, une simple fuite « goutte à goutte », engendre 4 litres d’eau par heure consommés qui seront facturés, soit 35 m3 d’eau par an d’élixir gaspillé puisque sans usage !

Autre chiffre, en moyenne 48 % de l’eau consommée l’est pour l’usage agricole, premier pôle de notre consommation collective. Il est à noter que cette consommation monte à 80% du total en période estivale. Un arroseur, dit « canon agricole » a un débit moyen d’environ 30 m3 par heure. Chaque jour les 8 canons d’irrigation du « plateau des 4 routes » voisins irriguant quelques hectares de maïs consomment quotidiennement 5 760 000 litres d’eau, soit la consommation journalière de 44 000 habitants.

Enfin l’immense majorité des prélèvements non consommés (avec restitution au milieu naturel) est le fait de la production énergétique, soit pour refroidir les centrales nucléaires ou pour produire de l’hydroélectricité…de l’énergie, loin d’être « verte », pour notre économie !

Répartition de la consommation d'eau en France
Répartition de la consommation d’eau en France

Et La Couze Pavin

600 litres / seconde ce 23 juillet ! Seuil historiquement bas puisque jamais le débit minimal réservé interdisant tout prélèvement n’a été « approché » ces 25 dernières années. Ce seuil limite réglementaire est porté à 458 litres secondes…un peu plus d’une centaine de litres d’eau par seconde, entre l’insouciance permanente de la gestion passée et le choc à venir que constituera la vision de la Couze Pavin « en sursis ». 100 litres d’eau au fond de la vallée, qui cristallisent toutes les tensions…quand des millions « martèlent », tel le pilon de l’outrance et de l’abondance, le sol du plateau exploité !

De quoi rester pensif pour tout à chacun sur notre société et ses choix ! Cette vision quotidienne et permanente des trombes d’eau extirpée des réserves souterraines et le bruit nocturne de la motopompe qui « suce » les dernières gouttes de l’élixir de vie, là tout près de chez moi, dans la Couze Pavin si proche, m’empêchent désormais de dormir ces dernières nuits…Un sentiment mêlé d’impuissance, de honte, de compassion, voir de fatalité m’envahit malgré mon acte de contrition quotidien (ne pas allumer la climatisation du véhicule par 40 °C !)…Le paillage du potager ne suffira pas non plus!

Plus que jamais il est impératif que chacun selon son usage soit vigilent au bon emploi de notre trésor commun ! il en va de la survie de tous…nous, de nos « bêtes », sauvages ou non, et plus largement de notre environnement ! Plus que quelques poissons déjà condamnés, il s’agit de nous tous…

PS : Face à cette situation nous avons adressé un courrier aux collectivités locales reprécisant les règles. Nous en avons profité pour alerter également la préfète et ses services. Nous en profitons également pour annoncer que nous demanderons l’arrêt de la pratique de la pêche sur le bassin versant dès le seuil des 460 Litres / seconde atteint ! Ce débit minimal visant à préserver les ressources aquatiques dont les poissons, il parait évident que ces circonstances nous obligent à agir en conséquence ! Nos adhérents comprendront !

Malgré tout, nous avons financé cette journée « découverte » du Centre de loisirs local… La Couze comme cadre « vert ». Espérons que ces adolescents feront mieux que leurs ainés !

La Couze Pavin touchée en plein cœur !

Comme notre climat, notre vallée connait quelques perturbations qui ne réjouissent que les « bobos » de nos campagnes. Il nous apparait utile de rétablir quelques vérités.

Truites mortes de la Couze Pavin

Par-delà, le déficit pluviométrique hivernal, désormais récurrent, de ces derniers mois qui déjà inquiète tout le monde sur notre avenir immédiat, malgré les niveaux des cours d’eau qui de jour en jour se rapprochent de l’étiage avec le départ de la végétation, la pollution de ce samedi 30 mars 2019 de La Couze Pavin « amont » a été le point d’orgue de ce début de saison sous tension : 2 kilomètres en amont du village de Besse en Chandesse, commune autoproclamée Reine du tourisme vert du Sancy, Reine surtout du sport d’hiver auvergnat, notre Couze Pavin, ici gérée par nos voisins de Besse a subi une énième agression à sa naissance. Cette fois ci, point de fuel des cuves des équipements communaux de Super Besse au Lac des Hermines, point de chaux dans la Couze destinée « normalement » à la station d’épuration saturée de déjections d’hivernants débordants d’Euros, point de lisier d’une fosse vidangée, point d’excès de phosphore en son lac Pavin si célèbre, non juste une routine désormais…Surement un dérivé de chlore largué en plein cours d’eau, employé par ce transformateur laitier situé 2 km en amont du célèbre village de la « fête de la cochonnaille », si prisée de la « jetset » politique auvergnate ! Les politiques et les cochons…

Ce Chlore était destiné à nettoyer ses systèmes industriels de production et de transformation du lait. Résultat de cette nouvelle « négligence » : une rivière nettoyée de ses « sales habitants » ( pas les cochons vous l’avez compris !), et de sa biodiversité sur plusieurs kilomètres. La Couze Pavin touchée en son cœur! la Couze Pavin dénaturée!

Le président de l’AAPPMA de Besse, Jean-Pierre Cornu, à la pêche aux poissons morts…un crève cœur ! Encore ! Nous nous sommes engagés à le soutenir !

Aussi on voudrait, à la lecture des commentaires médiatiques, nous faire croire à la fatalité, comme si détruire le vivant pouvait l’être ! Polluer en France, disons-le, détruire le vivant ici de manière récurrente et répétée, n’est donc qu’une simple fatalité, à l’instar de « l’idiot » du village qui se heurte la tête sur sa porte dont il a perdu la clé ! Oui, les industriels du Sancy sont donc des ânes, incapables de maitriser leur système de production et les process leur garantissant leur avenir financier : juste responsables en fin de mois lors des bilans pour prendre « la paie », jamais pour assumer la récurrence de leur problème déjà destructeur par le passé!

Auzon, Couzes Pavin ou Chambon…le transformateur laitier d’Auvergne est donc un incompétent! Ils ne font qu’exploiter, comme nous tous, nos ressources! Un exploitant parmi d’autres à l’instar de celui qui produit le phosphore en excés, le lisier vidangé ou de celui qui stocke son fuel déversé ou qui répand sa chaux dans les caniveaux !…Ils exploitent inexorablement pour eux seuls! Et tous, en cœur, nous subissons! La fatalité! Même l’État, tout aussi incapable, via ses services est en constat de défaillance, il échoue dans sa mission d’assurer notre protection…et d’éviter la récurrence de ces pollutions ! L’eau souillée, l’eau polluée,…l’homme assassiné.

Transfert au cours d’eau de la production de nos incubateurs « Alevibox » de truite Fario ! ils résistent !

Un acte d’auto-destruction donc relégué aux « faits divers » de nos rubriques médiatiques locales. Oui ! détruire le vivant au sein d’un patrimoine mondial naturel classé à l’UNESCO, d’un parc naturel exceptionnel donc, n’est ni plus ni moins qu’un simple fait…divers parmi d’autres: nous sommes donc ici, en Auvergne, dans le Sancy, habitués à détruire la nature « rude » qui pourtant nous a fait vivre! et qui fait même vivre nos cochons!

Pendant ce temps, nous, auvergnats, aussi et surtout…obstinément, contre tout, voir tous et ils sont nombreux (ils se reconnaitront !) nous, amis lecteurs, nous continuons : nettoyage de cours d’eau, recrutement de garde particulier, test des alevibox malgré encore cette année les dégradations causées par quelques « abrutis » bien locaux, courriers, interpellation d’élus, formation des ados, de notre jeunesse…nous remplissons nos obligations et toujours dans l’espoir de lendemain meilleur ! nous, nous ne croyons pas à la fatalité! nous nous entêtons! Contre vents, marées et tous les « cochons » nous continuons ! nous luttons pour cette « nature » hostile que nous aimons! Merci à vous les pêcheurs « rêveurs » d’Auvergne !

les bénévoles et participants de notre journée nettoyage 2019 ! ils résistent !

Continuité écologique, où en sommes-nous sur les Couzes Pavin et Valbeleix?

Sur les 6 ouvrages du secteur…Seuls 2 restent à aménager.

Depuis plusieurs années nous vous tenons informer de l’évolution des dossiers de notre secteur, à l’origine des inventaires, de la création du contrat de territoire que nous n’avons eu de cesse de réclamer, aujourd’hui très souvent présents aux réunions de pilotage qui mêlent les décideurs techniques et financiers, nous apportons chaque fois que faire se peut, en étroite collaboration avec notre fédération, le soutien à l’évolution positive du traitement de ces dossiers. Le « nœud » de l’Antaillat / Couze Pavin et ses 6 ouvrages concernés s’apprête à céder ! 4 seuils ont déjà fait l’objet d’un traitement ces dernières années (2 arasements et 2 aménagements). Il en subsiste deux sur la commune de Meilhaud. Délicats de par leur fonctionnalité, les études techniques, les validations financières « changeantes », le renouvellement du Conseil municipal ont augmenté les délais initiaux de traitement…Au final les dernières réunions tenues nous encouragent à maintenir le cap vers des solutions plus adaptées à l’enjeu premier que nous défendons : celui de la migration piscicole ! Nous continuons d’apporter notre soutien à cette commune et aux techniciens porteurs du Contrat de territoire.

L’obstacle empierré illicite !

Dans le même temps, un ouvrage illicite sur ce même ruisseau fera l’objet d’un traitement où le contrevenant est prêt à se mettre en conformité suite à la rencontre provoquée par les inspecteurs de l’environnement et ceux de la police de l’eau…vigilants, nous le restons !

Pour ce qui touche au traitement de l’ouvrage de Sault (image en tête d’article) , ruisseau affluent de la Valbeleix, où nous avons porté le conventionnement technique et financier avec les Structures de la Pêche de Loisirs compétentes (FDPPMA63) , le dossier connait une énième difficulté. Les nouvelles contraintes de transfert de responsabilité de la gouvernance du contrat, le statut administratif de l’ouvrage…ont soulevé une multitude de difficultés administratives. Quoiqu’il en soit notre volonté reste intacte, confiant dans la capacité de notre fédération à réaliser ces travaux, nul doute que les verrous administratifs céderont sous la volonté partagée ! Par ailleurs nous constatons l’inertie de la mise en œuvre des mesures compensatoires liées au renouvellement des contrats de rachat de l’électricité produite par les différentes microcentrales du secteur…les producteurs hydroélectriques « prennent » inlassablement comme depuis 40 ans…et ne rendent toujours rien, malgré l’obligation règlementaire ! Nous suivons ce dossier de prés, notre patience a atteint ses limites madame la Préfète !

D’autres ouvrages hors de notre territoire sont à traiter…hormis le traitement du seuil de l’hôpital d’Issoire où les locaux ont pu observer le démarrage des travaux de la microcentrale hydroélectrique et de l’échelle à poissons ad ’hoc, seul semble progresser le traitement d’un seuil à Saint-Floret…et ce malgré l’absence d’implication remarquée de la structure locale de la pêche de loisirs : un regret qui nous l’espérons ne nuira pas à la réalisation du projet ! Que ces regrets nous soient confiés fragilisent déjà l’image de tous les pêcheurs de la vallée auprès des décideurs ! Nous regrettons vivement que malgré les alertes, les échanges, certains n’aient toujours pas compris quel devait être le rôle d’une AAPPMA d’eaux libres en plein cœur d’un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO !

De l’eau « fraîche » pour la Couze Pavin.

10 ans de suivi thermique de nos sondes implantées sur notre bassin versant pour évaluer l’un des paramètres capitaux du maintien possible de la faune piscicole actuelle soit l’espèce repère de nos plans de gestion : la truite Fario.

Pourquoi suivre les températures d’eau ?

2 sondes thermiques sont implantées sur notre bassin versant. Posées et relevées par nos soins, le suivi est effectué par notre fédération…

Elle a besoin pour accomplir son cycle de vie d’eau qualifiée de fraîche, pure et bien oxygénée. En effet les seuils létaux de température sont observés pour les subadultes, plus sensibles, à partir de 17°C, et pour les adultes à l’approche des 25°C avec une « activité » très fortement ralentie dès 20°C.

Le maintien d’une population viable de Truite Fario passe donc par la capacité du milieu d’accueil à ne pas supporter des températures maintenues dans la durée et récurrentes annuellement dans des valeurs supérieures à 17°C. En effet, les effectifs des poissons subadultes diminuent à ce stade de moitié par tranche de 0,5 °degrés franchie (le seuil des 19° C étant la valeur haute de butée pour leur survie)…une hécatombe donc pour 2 degrés !

Autre point, ce suivi permet également d’évaluer la phase de vie « embryo-larvaire » (sous graviers) des futurs alevins. Cette durée de vie sous graviers est directement conditionnée par la température des eaux : cette période de développement des œufs étant capitale pour l’évolution du stock futur d’alevins.

De plus, il permet aussi d’évaluer le risque de développement de la Maladie Rénale Proliférative dont l’apparition chez la Truite Fario nécessite une T° des eaux d’au moins 15°C pendant 15 jours.

Les températures d’eau : le premier des paramètres « clé » du développement et du maintien des stocks de l’espèce TRF (truite Fario).

Qu’apprend-on pour la Couze Pavin ?

La phase de vie « embryo-larvaire » (sous graviers) des futurs alevins est de 135 jours en moyenne. Pour une ponte effective estimée  fin novembre, les alevins de TRF quitteront les nids à la première quinzaine d’avril de l’année suivante, soit près de 4,5 mois plus tard ! La Couze Pavin est bien un torrent de montagne avec des températures d’eau hivernales très froides. En moyenne plus d’un jour sur 10 sur notre rivière révèle une eau inférieure à 4° C.

Par ailleurs, leur survie en période estivale n’est pas encore menacée, le seuil des 19°C n’étant atteint qu’à de très rares occasions et dans des durées cumulées de quelques heures.

Séance d’observation des frayères organisée en 2009…Continuerons nous d’en observer et de partager dans les années à venir ?

La « température moyenne annuelle » de la Couze Pavin est de 9,6 °C, sans relative évolution sur la période des 10 années étudiée. Alors que la « température moyenne des 30 jours le plus chauds » évoluent régulièrement passant de 16,34°C à 16,96°C , soit une évolution de 0,62°C de plus…Nos étés nous fragilisent !

Au sujet de la Maladie Rénale Proliférative seul le dernier cycle étudié celui de 2017-2018 a révélé un risque d’apparition potentiel au-delà des 15 jours à 15°C avec 17 jours consécutifs relevés…la moyenne « habituelle » de la période étant observée à seulement 10 jours !

Par ailleurs la tendance 2017-2018 est sur tous les paramètres « la plus mauvaise », symbole d’une année que certains qualifieront d’exceptionnelle.

Le recul des 10 années de suivi ne permettant pas d’aller plus loin dans les conclusions.

Par ailleurs la tendance au réchauffement partout dans le département se révèle avec des amplitudes plus ou moins marquées selon les bassins versants. Les températures moyennes des « 30 jours les plus chauds » évoluent très fortement sur certains secteurs, révélant des hausses de plus d’1,5 degrés sur la même période : ce qui est très important, vous l’avez compris, pour la survie des alevins et le maintien de la ressource Truite Fario du Puy de Dôme!

Notre rivière elle, résiste, mieux qu’ailleurs…tant sur ce paramètre que pour les autres comme ceux des débits d’étiage. Résister suffira-t-il ?

Peu importe, le combat continue, notre rivière, notre patrimoine à préserver…

Entre fatalisme, incompréhension, colère et volonté !

Tout d’abord, après la crue « Flash » de début juin où la Couze Pavin a enregistré un débit proche de 68 m3/Sec,  seconde crue d’ampleur cette année, la rivière fût cette fois-ci transfigurée aux prémices de l’été : un volume de sable important occupe encore aujourd’hui le lit mineur du cours d’eau. Sable dont on ne sait d’où il est venu ! Si ce n’est des suppositions (Coteaux cultivés de Clémensat, Fellines, St-Floret et leurs rus, dont certains ont vu leurs lits bougeaient en planimétrie de plusieurs dizaines de mètres). Au moment de « l’apogée » traditionnelle de nos cours d’eau, cette crue fut « malvenue » pour le reste de la saison halieutique…et laisse planer de sérieux doutes pour les saisons à venir !

Seuil du Moulin de Saint-Cirgues…la Couze Pavin prendra prés de 60 m3/sec en moins d’une heure en ce début juin !

Sur le point des conditions de débit, comme tous les cours d’eau du département notre bassin versant a vu les régimes d’étiage perdurer tout en résistant mieux que partout ailleurs…Notre chance un nombre conséquent de sources et de résurgences tout au long des vallées qui font la richesse de notre patrimoine locale. Début Octobre, il est urgent de voir les débits remontés afin de faciliter la reproduction des salmonidés, comme beaucoup nous espérons la pluie ! Ceci dit ces étiages sont de plus en plus précoces et perdurent jusqu’au début de l’hiver…au fil des ans, ces périodes s’allongent inexorablement!

Abreuvoir provoqué par la création d’un obstacle empierré de prés d’1,50 m…un comble sachant que tout est fait pour créer ces ouvrages « gratuitement » lorsque nécessaire et sans impact pour le cours d’eau !

Sur le point de la reconquête les dossiers progressent, lentement, trop lentement…De nombreuses contraintes administratives émergent à chaque tentative. Nous profitons de l’occasion pour remercier les salariés des organismes (SIAV, FDPPMA63, Secrétaires de mairie…) qui tentent d’animer ces dossiers afin de les faire aboutir. En revanche, la bureaucratie française, son administration territoriale et/ou d’Etat notamment, nous interpelle. Même si le plus dur reste parfois de trouver de l’argent, force est de constater que quelques-uns s’acharnent sur leur « règle administrative » toujours changeante, générant des heures de « retravail » stérile en paperasse présentée comme indispensable. Vu du terrain, des élus bénévoles que nous sommes, cette « bible », pour ne pas dire bille administrative demeure très éloignée de l’urgence qui nous occupe! Non le plus difficile n’est pas de trouver de l’argent, ni même de mobiliser les acteurs…le plus difficile est de franchir les « Himalayas » de l’administration française et de ses procédures…changeantes au vent de la « note interne » et au gré de quelques humeurs, manifestement parasites!

L’obstacle empierré !

Une administration à sens unique, freinant tout effort de reconquête donc, mais aussi lorsqu’il s’agit d’exercer son pouvoir de police…Enclins à empêcher de faire, toujours prompte à laisser faire aussi !

Ainsi malgré un signalement effectué ce printemps au sujet d’un obstacle construit entravant la continuité écologique et destiné à l’abreuvement du bétail, nous avons été conduits face à l’inaction constatée d’engager une procédure judiciaire dont la première « pierre » est bâtie en ce début Octobre : un coup de semonce en guise d’avertissement…Il est affligeant de constater le zèle d’Etat dès qu’il s’agit de collecter les fruits du « Flash routier » et de remarquer toujours son manque d’appétence pour le strict respect du droit environnemental, ou comment le pouvoir de Police est à géométrie variable en fonction de la qualité du contrevenant …pas une surprise, juste un énième constat !…banlieue ou campagne, ce réflexe reste le même, toutes proportions gardées !

Enfin au crédit de notre territoire, une nouvelle action de sensibilisation, aujourd’hui devenue tradition grâce à la nature des relations entretenues sur nos vallées. Après ceux de Saint-Vincent, Saint-Floret, ou du Valbeleix les années passées…Une soixantaine d’enfant du RPI « Chidrac- St Cirgues » ont pu bénéficier en ce début d’octobre d’une séance d’initiation de découverte des milieux aquatiques…Syndicat de collectivités, FDPPMA63, Guides de pêche, nous….sommes bien mobilisés pour toujours espérer, informer et continuer !  Merci à tous, y compris ceux qui nous soutiennent, de plus en plus nombreux, une autre bonne nouvelle !

Vous avez dit « vigies » des cours d’eau !

Le printemps venant les pêcheurs arpentent les cours d’eau et nombreux sont les échanges et/ou signalements autour des sujets qui nous préoccupent tous ! Coups de fil en weekend ou en soirée, courriels, veille des réseaux sociaux permanente, les «signaux d’alarme» se multiplient ces derniers temps.
Bons ou mauvais signes nous ne savons pas! Surement une réaction commune de résistance face aux différentes agressions qui souvent étaient occultées, et qui désormais semblent choquées une majorité. L’urgence nous gagnerait-elle ?

Rejet « douteux »d’une station d’épuration déclaré conforme en 2016 …signalé puis contrôlé, quelques coups de pelle ont permis de limiter son impact tout en alertant la collectivité !

Ici un rejet d’une station d’épuration douteux, là des interrogations sur les agissements d’un microcentralier hydroélectrique, ailleurs la photo d’un barrage sauvage servant à l’alimentation du bétail ou encore « tout en amont » ce projet de ferme rapidement baptisé « aux milles vaches » sur nos têtes de bassin du Cézallier, ou encore ici cet épandage illicite de lisier « à la une » de notre article…

Ainsi ce sont plusieurs heures consacrées à trouver, vérifier, élucider, contrôler, collecter l’ensemble des éléments afin de faire valoir le droit lorsque nécessaire et plus souvent à échanger afin de régler les éventuelles négligences ou les litiges…des heures et des heures passées à défendre nos milieux aquatiques !

Barrage « sauvage » destiné à l’alimentation du bétail…contrôlé puis signalé. Il sera traité !

Une réalité souvent occultée par de nombreux adhérents qui  réclament désormais plus souvent leur du de loisir et de résultats en contre partie de leur adhésion. Une exigence certes légitime mais il ne faut pas oublier que nous sommes tous des bénévoles et pour la plupart encore actifs : le temps reste compté et limité. Chaque chose en son temps, rien ne sera occulté…nous l’assurons ! Ceci dit, peu importe nous nous nous félicitons de cette prise de conscience.

Oui, le réseau associatif de la pêche de loisir fonctionne et nous sommes ici connus pour notre réactivité…un peu trop même ! En effet nombreux sont ceux qui nous signalent des « soucis » hors de notre territoire. Notre regret : c’est que nombreux sont ceux qui ne nous connaissent qu’à cet unique moment de l’année et pour régler les problèmes de tout un bassin versant, alors que notre zone d’influence en couvre tout juste la moitié. Chaque AAPPMA est bien légitime pour agir sur son territoire !

Bref ! Illustration d’une réalité factuelle, les pêcheurs restent bien les vigies des cours d’eau, bravo à nous tous…Ensemble soyons plus forts !

Un projet de ferme « industrielle » d’1 Ha de surface bâtie sort de terre ces jours à Roche Charles la Mayrand lieu dit Boslabert…Le dossier évoque « le regroupement de 390 bovins des fermes avoisinantes » et une meilleure garantie du respect des normes. Dossier à suivre…Nous sommes en cours de collecte des éléments et avis !

Les anonymes.

Ce titre pourrait prêter à polémique en rapport de l’actualité récente où un soldat, un gendarme par son comportement, son engagement et ses convictions a rappelé aux yeux de tous la signification d’un mot usuellement réservé aux plus engagés de tous !

Alors bien sûr l’opposition est osée et ne manquera pas de choquer, voire d’interpeller…mais il faut bien l’avouer les années passent et parfois, il semble que les évidences se doivent d’être soulignées.

Alors soulignons, il y a urgence !

A ce titre, les bénévoles venus se joindre à l’action de nettoyage des berges ce 24 mars 2018 méritent notre reconnaissance, car ils ont joué avec les autres ce jour-là le « rôle principal » dans la protection des milieux aquatiques de la Couze Pavin.

Oui…cédez le passage…eux, l’ont fait !

Inlassablement années après années, souvent les mêmes, ils se retrouvent ce 3eme samedi de mars, 10 ans déjà pour quelques-uns, 20 ans pour quelques autres, pour encore et toujours récolter, ramasser, extirper, trainer, transporter, … ce que notre rivière nous vomit de nos excès souvent passés, mais aussi parfois plus récents !…oui ce jour, nous avons vu la rivière vomir ! Des cordes entrelacés de racines, des bidons pourfendus de troncs, et des arbres s’extirpaient de leur gangue de plastiques ou de toiles cirées. Quitte à subir demain l’anthropomorphisme parisien dans notre pratique halieutique, osons ici et maintenant l’image !…la rivière criait, elle hurlait !

Pour la première année, malgré cette somme d’expériences, un drôle de sentiment à vrai dire nous envahissait. Surement la conséquence d’un mélange de lectures quotidiennes, où nous sommes inondés d’annonces de destruction, de disparition, ou d’extinction qui touchent à notre environnement, et de la réalité touchée du doigt ici…là, devant chez nous !

Affiches, Facebook, courriel et autres SMS…rien n’y fait ! les « 20 – 35 ans » sont « intouchables » !

Ho, bien sûr, nos héros d’un jour, nos héros très éphémères de cette histoire, n’ont rien d’extraordinaire…quoique, eux, ils sont là ! Rien que ça ! Pêcheurs, kayakistes, tous bénévoles…jeunes voire très jeunes…ou plus anciens, voire très anciens…Chef d’entreprises, cadres, ouvriers, ou fonctionnaires…actifs ou retraités… ils sont là, ils agissent !

Ces gens-là de notre point de vue méritent notre reconnaissance…votre reconnaissance. C’est le sentiment, moi le désigné « Président » de ces laborieux, qui m’habite à chaque fois que je les vois. Tout particulièrement « nos anciens » les voir faire ce devoir, ce don aux autres, ce don à tous…ce simple don de soi me laisse admiratif !

Ils auront au moins essayé…tous, ils auront osé… et surtout, eux, ils l’auront fait ! Quelques lignes pour le souligner à défaut d’une photo où ils refusent de poser !

Alors certes rien de bien glorieux à tirer de cette matinée, juste ramasser « la merde » des autres…la merde de tous…notre merde. Le vomi d’une rivière que l’on tente de soigner en restant à son chevet année après année, jour après jour : notre volonté inexorable pour lutter, notre acte de contrition pour nous faire pardonner ! Membre d’AAPPMA c’est aussi cela !

Au bas mot c’est encore près de 400 kg de plastiques et déchets divers ramassés à travers bois et forêts, butes et talus, près et jardins des communes de Meilhaud, Chidrac, Saint-Cirgues et Saint -Vincent. La crue hivernale nous a rappelé nos excès ! Telle une gifle bien méritée !

Un regret ! Que cette initiative destinée à nos océans ne trouve pas ici les « 20 – 35 ans »…vous savez les connectés, voir les hyper connectés…toujours informés…le clavier toujours acéré…la souris affutée…le smartphone surchauffé ! Ceux-là restent des héros virtuels…inexorablement…années après années…action après action…web ou affiche…sms ou papier…mail ou courrier…un simple constat !

Ce sont donc leur père, leur frère, voir leur grand-père qui préparent leur avenir ! Un avenir bien douteux, où il nous faudra plus que des héros pour soigner notre malade…un malade comme tant d’autres…mais pas un mort…comme tous ces morts …ailleurs ! Un malade en réminiscence, un malade en renaissance, plein d’espoir, plein de vie à l’instar d’un tronc qui transperce cet acier, de cette fleur qui pourfend cette toile cirée, de ces racines qui brisent cette lunette de WC…il faut savoir trouver la beauté pour ne pas douter. Nous l’avons dit si certains font « parler » les animaux, nous nous ferons parler la rivière ! Le symbole d’une rivière qui renait ! Nous l’espérons jour après jour, année après année : notre participation, notre gage pour l’avenir !

Nous finirons sur cette pensée venue du fond des âges, du VIe siècle av. J.-C, Héraclite affirmait déjà « Que les hommes, dans le commerce qu’ils entretiennent continuellement avec la raison qui gouverne le Tout, ne s’accordent pas toujours avec elle, et qu’ils regardent comme étrangers les évènements qui chaque jour jour leur arrivent. »…Tout est dit !

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