Vous avez dit « vigies » des cours d’eau !

Le printemps venant les pêcheurs arpentent les cours d’eau et nombreux sont les échanges et/ou signalements autour des sujets qui nous préoccupent tous ! Coups de fil en weekend ou en soirée, courriels, veille des réseaux sociaux permanente, les «signaux d’alarme» se multiplient ces derniers temps.
Bons ou mauvais signes nous ne savons pas! Surement une réaction commune de résistance face aux différentes agressions qui souvent étaient occultées, et qui désormais semblent choquées une majorité. L’urgence nous gagnerait-elle ?

Rejet « douteux »d’une station d’épuration déclaré conforme en 2016 …signalé puis contrôlé, quelques coups de pelle ont permis de limiter son impact tout en alertant la collectivité !

Ici un rejet d’une station d’épuration douteux, là des interrogations sur les agissements d’un microcentralier hydroélectrique, ailleurs la photo d’un barrage sauvage servant à l’alimentation du bétail ou encore « tout en amont » ce projet de ferme rapidement baptisé « aux milles vaches » sur nos têtes de bassin du Cézallier, ou encore ici cet épandage illicite de lisier « à la une » de notre article…

Ainsi ce sont plusieurs heures consacrées à trouver, vérifier, élucider, contrôler, collecter l’ensemble des éléments afin de faire valoir le droit lorsque nécessaire et plus souvent à échanger afin de régler les éventuelles négligences ou les litiges…des heures et des heures passées à défendre nos milieux aquatiques !

Barrage « sauvage » destiné à l’alimentation du bétail…contrôlé puis signalé. Il sera traité !

Une réalité souvent occultée par de nombreux adhérents qui  réclament désormais plus souvent leur du de loisir et de résultats en contre partie de leur adhésion. Une exigence certes légitime mais il ne faut pas oublier que nous sommes tous des bénévoles et pour la plupart encore actifs : le temps reste compté et limité. Chaque chose en son temps, rien ne sera occulté…nous l’assurons ! Ceci dit, peu importe nous nous nous félicitons de cette prise de conscience.

Oui, le réseau associatif de la pêche de loisir fonctionne et nous sommes ici connus pour notre réactivité…un peu trop même ! En effet nombreux sont ceux qui nous signalent des « soucis » hors de notre territoire. Notre regret : c’est que nombreux sont ceux qui ne nous connaissent qu’à cet unique moment de l’année et pour régler les problèmes de tout un bassin versant, alors que notre zone d’influence en couvre tout juste la moitié. Chaque AAPPMA est bien légitime pour agir sur son territoire !

Bref ! Illustration d’une réalité factuelle, les pêcheurs restent bien les vigies des cours d’eau, bravo à nous tous…Ensemble soyons plus forts !

Un projet de ferme « industrielle » d’1 Ha de surface bâtie sort de terre ces jours à Roche Charles la Mayrand lieu dit Boslabert…Le dossier évoque « le regroupement de 390 bovins des fermes avoisinantes » et une meilleure garantie du respect des normes. Dossier à suivre…Nous sommes en cours de collecte des éléments et avis !

Les anonymes.

Ce titre pourrait prêter à polémique en rapport de l’actualité récente où un soldat, un gendarme par son comportement, son engagement et ses convictions a rappelé aux yeux de tous la signification d’un mot usuellement réservé aux plus engagés de tous !

Alors bien sûr l’opposition est osée et ne manquera pas de choquer, voire d’interpeller…mais il faut bien l’avouer les années passent et parfois, il semble que les évidences se doivent d’être soulignées.

Alors soulignons, il y a urgence !

A ce titre, les bénévoles venus se joindre à l’action de nettoyage des berges ce 24 mars 2018 méritent notre reconnaissance, car ils ont joué avec les autres ce jour-là le « rôle principal » dans la protection des milieux aquatiques de la Couze Pavin.

Oui…cédez le passage…eux, l’ont fait !

Inlassablement années après années, souvent les mêmes, ils se retrouvent ce 3eme samedi de mars, 10 ans déjà pour quelques-uns, 20 ans pour quelques autres, pour encore et toujours récolter, ramasser, extirper, trainer, transporter, … ce que notre rivière nous vomit de nos excès souvent passés, mais aussi parfois plus récents !…oui ce jour, nous avons vu la rivière vomir ! Des cordes entrelacés de racines, des bidons pourfendus de troncs, et des arbres s’extirpaient de leur gangue de plastiques ou de toiles cirées. Quitte à subir demain l’anthropomorphisme parisien dans notre pratique halieutique, osons ici et maintenant l’image !…la rivière criait, elle hurlait !

Pour la première année, malgré cette somme d’expériences, un drôle de sentiment à vrai dire nous envahissait. Surement la conséquence d’un mélange de lectures quotidiennes, où nous sommes inondés d’annonces de destruction, de disparition, ou d’extinction qui touchent à notre environnement, et de la réalité touchée du doigt ici…là, devant chez nous !

Affiches, Facebook, courriel et autres SMS…rien n’y fait ! les « 20 – 35 ans » sont « intouchables » !

Ho, bien sûr, nos héros d’un jour, nos héros très éphémères de cette histoire, n’ont rien d’extraordinaire…quoique, eux, ils sont là ! Rien que ça ! Pêcheurs, kayakistes, tous bénévoles…jeunes voire très jeunes…ou plus anciens, voire très anciens…Chef d’entreprises, cadres, ouvriers, ou fonctionnaires…actifs ou retraités… ils sont là, ils agissent !

Ces gens-là de notre point de vue méritent notre reconnaissance…votre reconnaissance. C’est le sentiment, moi le désigné « Président » de ces laborieux, qui m’habite à chaque fois que je les vois. Tout particulièrement « nos anciens » les voir faire ce devoir, ce don aux autres, ce don à tous…ce simple don de soi me laisse admiratif !

Ils auront au moins essayé…tous, ils auront osé… et surtout, eux, ils l’auront fait ! Quelques lignes pour le souligner à défaut d’une photo où ils refusent de poser !

Alors certes rien de bien glorieux à tirer de cette matinée, juste ramasser « la merde » des autres…la merde de tous…notre merde. Le vomi d’une rivière que l’on tente de soigner en restant à son chevet année après année, jour après jour : notre volonté inexorable pour lutter, notre acte de contrition pour nous faire pardonner ! Membre d’AAPPMA c’est aussi cela !

Au bas mot c’est encore près de 400 kg de plastiques et déchets divers ramassés à travers bois et forêts, butes et talus, près et jardins des communes de Meilhaud, Chidrac, Saint-Cirgues et Saint -Vincent. La crue hivernale nous a rappelé nos excès ! Telle une gifle bien méritée !

Un regret ! Que cette initiative destinée à nos océans ne trouve pas ici les « 20 – 35 ans »…vous savez les connectés, voir les hyper connectés…toujours informés…le clavier toujours acéré…la souris affutée…le smartphone surchauffé ! Ceux-là restent des héros virtuels…inexorablement…années après années…action après action…web ou affiche…sms ou papier…mail ou courrier…un simple constat !

Ce sont donc leur père, leur frère, voir leur grand-père qui préparent leur avenir ! Un avenir bien douteux, où il nous faudra plus que des héros pour soigner notre malade…un malade comme tant d’autres…mais pas un mort…comme tous ces morts …ailleurs ! Un malade en réminiscence, un malade en renaissance, plein d’espoir, plein de vie à l’instar d’un tronc qui transperce cet acier, de cette fleur qui pourfend cette toile cirée, de ces racines qui brisent cette lunette de WC…il faut savoir trouver la beauté pour ne pas douter. Nous l’avons dit si certains font « parler » les animaux, nous nous ferons parler la rivière ! Le symbole d’une rivière qui renait ! Nous l’espérons jour après jour, année après année : notre participation, notre gage pour l’avenir !

Nous finirons sur cette pensée venue du fond des âges, du VIe siècle av. J.-C, Héraclite affirmait déjà « Que les hommes, dans le commerce qu’ils entretiennent continuellement avec la raison qui gouverne le Tout, ne s’accordent pas toujours avec elle, et qu’ils regardent comme étrangers les évènements qui chaque jour jour leur arrivent. »…Tout est dit !

La pêche de loisirs bientôt interdite à Paris ?

C’est par les canaux de communication modernes et les réseaux sociaux que cette « attaque » symbole de notre activité a été publiée au travers d’une communication parfaitement maitrisée : vidéo d’annonce sur les réseaux sociaux, « tribune » publique co-signée par nombre d’associations référentes de la protection animale et campagne d’affichage dans le métro parisien se font donc l’écho de notre pratique, qui selon nos détracteurs, serait la cause d’une souffrance gratuite et cruelle des poissons.

60 affiches de ce type, du 08 au 14 mars, ont décoré les murs du métro parisien…un investissement financier conséquent preuve de leur détermination !

L’attaque prend donc la forme d’un « vœu » ainsi prochainement porté au conseil de Paris par une élue « France Insoumise ». Il s’agit bien là du début d’un autre combat qui ne manquera pas de durer.

Aussi il nous faut absolument le gagner afin de ne pas être réduit comme nos voisins européens dans la liberté de pratique qui est la nôtre.

Qui nous accuse ?

Par de là les associations locales dont nous refusons ici de relayer les noms, il s’agit d’un courant communément désigné « Les antispecistes ». Il faudra s’y habituer, accepter ce vocabulaire, et les connaitre.

Car il s’agit là bien d’une guerre importée sur notre territoire national, l’un des rares où ces « détracteurs » très virulents et parfaitement bien organisés, peinent à s’implanter et surtout à peser sur notre législation.

Très peu nombreux, ils n’en sont pas moins très déterminés…leur force principale !

Ainsi L’antispécisme est un courant de pensée, né à l’international du mouvement « anarcho- punk », dérivant par exemple sur des activités qualifiées de « terroristes » aux États-Unis. Ce mouvement international, qui a pris naissance dans les années 1970, refuse la notion d’espèce. En France, son barycentre historique est à Lyon. Au travers de publications qu’ils appellent « cahiers » leur audience principale réside, au départ, dans les milieux anarchistes dont ils se feront, par la suite, évincer. Leur théoricien: Peter Singer, philosophe, spécialiste de bioéthique, adepte de la critique matérialiste des théories de la conscience, développe l’égalité de considération entre les espèces animales et le droit à l’euthanasie. Ainsi cet individu n’hésite pas à comparer l’animal au nouveau né, prônant par exemple l’interdiction de prélever pour le premier et, affirmant pour l’autre le droit à l’euthanasie dans sa défense exacerbée de ses théories.

Les antispécistes combattent les critères prédéterminés qui seraient liés à l’appartenance à une espèce, et notamment à la domination de l’Homme sur l’animal. Ils refusent le droit de mort de l’être humain sur l’animal, mais sont conscients que l’égalité entre les espèces est impossible, leurs capacités et « intelligences » étant très variables.

Des convictions à géométrie variable donc qui les rend d’autant plus dangereux. Les défenseurs de l’antispécisme ne consomment généralement pas de produits alimentaires provenant d’animaux.

En pratique et par opposition, selon les antiscpecistes, dixit « le spécisme est l’idéologie qui justifie et impose l’exploitation et l’utilisation des animaux par les humains. Les animaux sont élevés et abattus pour nous fournir de la viande; ils sont pêchés pour notre consommation; ils sont utilisés comme modèles biologiques pour nos intérêts scientifiques; ils sont chassés pour notre plaisir sportif. La lutte contre ces pratiques et contre l’idéologie qui les soutient est la tâche que se donne le mouvement de libération animale »…Tout est dit !

Que nous reproche-t-il ?

Une seule et unique chose, pour l’instant, la pratique du « prendre et relâcher » gratuite qui causerait une souffrance inutile des poissons…ne riez pas ! Comme les premières réactions lues sur internet. C’est un angle d’attaque judicieusement choisi, première brèche d’un effondrement à long terme total de notre pratique qu’ils cultiveront laborieusement au gré des avancées pour aboutir à leurs fins. N’oubliez pas qui ils sont !

Pourquoi Paris ?

  1. Pour le symbole d’abord sans aucun doute,
  2. Pour l’efficacité visée avec une population ultra urbanisée, très médiatico réceptive, où nombre de parlementaires et « tendanceurs » influent dans les palais de décision et autres lieux de rencontre.
  3. Pour la situation particulière de la pêche de loisirs là-bas : Paris et ses eaux où les poissons y sont interdits à la consommation à cause de la pollution des eaux : incroyable prise de position vu d’un  pêcheur lambda!

La pêche dans les canaux pollués parisien… »le street fishing »un loisir clairement menacé !

Leur créneau préféré, nous interpeller sur nos paradoxes,  teinté d’une logique implacable : Pourquoi autoriser la pêche de loisirs à Paris alors que les poissons ne peuvent être consommés ?

Immédiatement la brèche est créée et il devient évident que la réponse ne porte que sur la justification d’un loisir, qu’ils pourront définir à leur gré et en réponse à nos justifications, toujours selon eux, comme sadique, cruel, au prétexte de la souffrance animale gratuite qu’elle causerait…Imparable !

Leur stratégie est de soulever un débat, puis une prise de conscience collective orientée et tronquée sous des prétextes qui apparaissent hallucinants vus d’Auvergne et de ses eaux.

Le pragmatique, pour lutter contre une potentielle souffrance, si tant est qu’elle existe, luterait d’abord contre la pollution, eux non, ils s’en foutent, comprenez le ! leur créneau est philosophique…

Ils éveillent ainsi une conscience collective sur une base simple, logique au service d’une philosophie de vie parmi d’autres, ni plus ni moins « ecolo », qui grâce au relais et l’attaque d’un symbole, plutôt bien perçu par notre population, leur permettra d’infuser leur discours, leurs vérités, dans le temps, la durée et ce avec une efficacité redoutable.

Il s’agit là de militants déterminés, intransigeants et inflexibles du 21eme Siècle, ne les négligeons pas ! Ils n’hésiteront pas à s’allier avec nos ennemis naturels pour nous affaiblir ! Quitte à détruire nos milieux aquatiques ! leur objectif est simple et unique…il les définit et les motive !

Les poissons souffrent-ils vraiment ?

Alors à cette question centrale, puisque qu’il ne s’agit finalement que de çà, nos amis suisses ont eux légiféré sous la pression de ces mêmes groupes sur leur territoire et ce au prétexte de légiférer sur les conditions d’élevage des espèces piscicoles, un autre angle d’attaque classique de la cause animale.

Ce poisson remis à l’eau a t il souffert de sa capture ? Rien ne permet de l’affirmer…Une chose est sure, les taux de survie sur cet acte dépasse les 90 % avec l’emploi des leurres artificiels. (crédit Photo : Auvergne passion Mouche / S.Corre)

La pêche de loisirs fut aussi évidement impactée dans ce pays, en modifiant en profondeur les conditions d‘accès au loisir, l’utilisation d’appâts vivants, les conditions de stockage des poissons pêchés, la manière de les tuer, et les actes de gestion (interdiction des parcours « Nokill ») …conséquences directes d’une législation visant à statuer sur la place du poisson dans la société helvète.

Nous vous invitons à parcourir ce lien qui synthétise parfaitement l’état des connaissances sur le sujet.

Nous reprendrons ici à des fins d’illustrations, la conclusion « intermédiaire » du rapport de la Commission fédérale d’éthique Suisse pour la biotechnologie dans le domaine non humain (CENH), en réponse aux théories des antiscpecistes.

Ainsi malgré des conditions sur l’établissement du droit animal en Suisse très différentes de celles existantes en France, leur conclusion nous laisse, vu d’Auvergne et malgré ces conditions ultra favorables, totalement pantois :

« C’est pourquoi, de l’avis de tous les membres, utiliser les poissons avec attention et respect s’impose même en l’absence de certitude absolue quant à leur sensibilité à la douleur. »

Autrement dit, rien n’autorise à affirmer en 2014, date du rapport, que les poissons souffrent au sens où nous l’entendons…mais dans le doute, admettons-le nous disent nos voisins suisses !

Voilà la décision légitime des représentants du peuple suisse en réponse à de nombreuses études scientifiques décortiquées sur le sujet.

Quels sont les risques ?

Très clairement et dans un premier temps, du point de vue législatif et national, ils semblent peu élevés, vu que la condition animale en France est très loin d’être aussi légiférée qu’en Suisse ou ailleurs. En revanche pour la pêche « parisienne » le risque est sévère. Aussi dans un volonté d’extension législative à faire valider, ce précédent potentiellement créé, associé à sa déclinaison à tous les contextes identiques de France, pourrait amener les autorités à s’interroger sur l’exercice de la pêche sur  La Dore pour notre département…la pêche parisienne un point d’accroche qu’il ne faut pas céder ! Si Paris tombe, d’autres tomberont !

le panier : symbole du prélèvement, un droit de cueillette inacceptable pour un antispceciste !

Néanmoins, il nous oblige à justifier, aux yeux de tous, notre pratique et notre gestion des espèces piscicoles. L’altération de « notre image » est lui clairement visée ! Ce risque est de loin le plus marqué !

Nos fameux « partenaires de jeu », expression reprise à moultes occasions sur nombre de lectures halieutiques, est surement inacceptable pour un antiscpeciste. Nous affirmons même qu’elle nous fragilise et donne de l’écho à cette cause.

Devenu loisir sur notre territoire et pour notre société, la pêche dite de loisirs n’en reste pas moins un acte ancestral destiné à assumer un éventuel prélèvement potentiel d’une espèce animale, comme d’autres prélèverons, pour leur même loisir une espèce végétale.

La pêche « cueillette » est effectivement un droit : Il nous faut l’assumer et défendre ce droit. il nous faut lutter contre un anthropomorphisme dérivant dont rien ne prouve aujourd’hui qu’il est justifié…Chaque société agit selon sa culture, son passé et ses traditions. Notre histoire nous place comme des êtres doués d’éveil et de conscience. Cette responsabilité supérieure nous oblige à faire preuve de bienveillance pour notre environnement et aussi pour notre survie, sans pour autant nous renier.

Libre à chacun d’utiliser ce droit ou non par la suite de manière volontaire…L’essentiel, selon nos convictions, est de le faire en toutes connaissances de causes et d’éventuelles conséquences !

 Quelles sont nos réactions ?

Par-delà les très nombreuses réactions sur le web, les altercations inexcusables de certains surement emportés par leurs passions respectives. Nous appelons chacun à bien prendre en compte la réalité de cette nouvelle menace qui vient de naitre sur notre territoire national.

Par delà les associations parisiennes qui n’ont pas manqué de réagir, nous ne relaierons ici que le message de notre président national Mr Claude Roustan, le Leader désigné de nos organisations. Une lettre sans concession qui en appelle d’autres !

Les pêcheurs nous l’espérons sortiront de leur réserve naturelle, pour faire valoir le million cinq cent mille voies qui nous unissent !

Ainsi nous vous invitons à comprendre les logiques qui animent les antispecistes et ce pour un seul objectif, réduire cette menace à sa plus simple expression : celle d’une philosophie de vie comme une autre, qui si elle a le droit de s’exprimer dans une démocratie, n’a surement pas l’obligation de s’imposer à tous comme une vision universelle de notre relation envers les seuls animaux, l’une des formes de vie parmi d’autres.

Notre différence est évidente : Chaque pêcheur, de loisir n’en déplaise, par définition et de manière statutaire, grâce à son adhésion les défend toutes. La protection des milieux aquatiques s’exercent  au sein d’un Tout, celui des cours d’eau, des fleuves et des rus, des plans d’eau, des lacs et des étangs, des zones humides et autres mares, partout où l’eau, LA source de vie, nous offre le plaisir simple d’un moment de communion avec les forces universelles qui nous régissent. Quand eux prétendent défendre la cause animale, nous nous défendons la biodiversité… quand eux théorisent la souffrance animale, nous nous étudions les poissons…quand eux posent des affiches dans le métro, nous nous collectons les papiers sur le bord des rivières…quand eux s’enchainent sur les bétons, nous nous les aménageons pour permettre au poisson de circuler…quand eux filment leurs actions, nous nous écrivons notre passion…quand eux crient leur indignation, nous nous témoignons de notre plaisir…quand eux exigent, nous nous éduquons…

Chacun est bien libre en son âme et conscience de s’exprimer dans la limite de la liberté des autres. L’éveil de notre conscience nous différencie par elle-même des animaux. Exerçons cette responsabilité avec raison sans nous renier ! Inscrivons-nous vers un avenir durable sans stigmatiser les autres…Soyons nous-même, tous ensemble des amoureux de la nature !

Nos zones humides : Plus de 6 millions d’€ de services rendus !

Au cours des 50 dernières années, la France métropolitaine a perdu plus de la moitié de la surface de ses zones humides, et  cette  tendance d’altération continue : 48 % d’entre elles se sont dégradées entre  2000  et  2010. L’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature) dans un rapport publié en 2015 * estime qu’en France métropolitaine, le recensement des seules zones humides en 2011 pesait 2,4 millions d’Ha, pour un « cout » annuel estimé de services gratuits des milieux aquatiques allant de 1 200 à 6 700 € /ha. Fort de ce constat, nous pouvons estimé à plus de 6,6 millions d’Euros les services rendus et gratuits par nos seules zones humides sur la vallée de la Couze Pavin et de ses affluents.

En effet, à l’issue d’une étude de plus de deux ans, le CERA Environnement (Centre d’Etudes et de Recherche Appliquée en Environnement), missionné par le SIAV,  vient de fournir son rapport d’inventaires sur les zones humides de notre vallée. Il s’agit là de les délimiter, les caractériser, en connaitre les enjeux, les hiérarchiser et in fine les préserver par des actions adaptées. Chaque commune s’est vue donc remettre un ensemble de cartes associées identifiant son propre patrimoine.

Rappel : fonctions et intérêts des zones humides

Un petit rappel s’impose pour justifier de leur intérêt. Les zones humides présentent de nombreuses fonctions :

  1. les fonctions hydrologiques : ralentissement des ruissellements, recharge des nappes, régulation des crues, et le soutien d’étiage.
  2. les fonctions biogéochimiques : dénitrification des nitrates, assimilation végétale de l’azote, absorption du phosphore, et séquestration du carbone.
  3. les fonctions biologiques : support et des connexion des habitats nécessaires aux espèces autochtones.

Zone d’études et résultats

La surface du bassin versant de la Couze Pavin est d’environ 285 km². Il ne s’agit pas d’un inventaire exhaustif sur ce territoire, mais d’identifier et cartographier les zones humides au sein des enveloppes de forte probabilité de présence des zones humides (déterminées par le SAGE Allier Aval) des communes de Chidrac, Compains, Courgoul, Meilhaud, Perrier, Saurier, Saint-Cirgues-sur-Couze, Saint-Diéry, Saint-Floret, Saint-Pierre-Colamine, Tourzel-Ronzières et Valbeleix. Cela représente une zone d’étude d’environ 2851 hectares du Contrat territorial.

Les phases de terrain (2016 et 2017) ont mis en évidence la présence de 524 zones humides, pour une surface d’environ 1684,97 hectares soit 6,52 % de la zone occupée.

La surface moyenne d’une zone humide est d’environ 3,2 hectares et le nombre moyen de zone humide par commune atteint 35. Certaines disparités existent néanmoins : les communes de Besse-et-Saint-Anastaise et Compains situées en tête de bassin versant présentent les deux tiers des zones humides répertoriées. Enfin, la commune de Compains possède le pourcentage d’occupation du sol par les zones humides le plus important avec 12,1 % de sa surface occupée par des milieux humides.

Comment fonctionnent-elles chez nous et à quoi servent-elles ?

Les zones humides sont en relation le plus souvent avec le réseau hydrographique.

L’approvisionnement hydraulique se fait en entrée par le biais le plus souvent de cours d’eau, fossés, ruissellements diffus et bien sûr les précipitations (en apport secondaire). Les communes de Besse-et-SaintAnastaise et Compains se différencient par la présence de nombreuses sources.

Le fonctionnement hydraulique est souvent dégradé à cause de la modification de l’interaction entre le cours d’eau et la zone humide ou la présence de rigoles de drainage plus ou moins prononcées. Néanmoins, dans un peu plus de la moitié des cas, les zones humides sont proches de l’équilibre naturel. Les enjeux sont liés à la régulation naturelle des crues, un stockage des eaux de surface et recharge des nappes avant restitution pour soutien d’étiage

Leur intérêt biologique, proche de l’état naturel dans un peu moins de la moitié des cas, réside surtout dans la fonction de corridor biologique qu’elles procurent (en longeant la plupart des cours d’eau), ainsi que dans le support de biodiversité avec la présence de milieux originaux abritant plusieurs espèces patrimoniales.

On note une grande disparité concernant les activités répertoriées en fonction des communes. Sur Besse-et-Saint-Anastaise, Compains et SaintPierre-Colamine, la majorité des zones humides sont pâturées ou pâturées/fauchées. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les agriculteurs reconnaissent eux-mêmes l’intérêt de tels milieux lors des périodes de sécheresse pour pouvoir faire pâturer les animaux qui n’ont plus d’herbe ailleurs. L’absence d’activité est aussi bien réelle.

La valorisation des zones humides est à relier notamment à leur production agricole (prairie ou parcours pour le pâturage des bovins, ovins) et plus localement pour l’alimentation en eau potable. Plusieurs d’entre elles montrent également un potentiel pour le tourisme et les loisirs intéressants (Besse-et-Saint-Anastaise, Compains, Saurier et Issoire).

Nos zones humides sont globalement en bon état de conservation même si ponctuellement des menaces sont à noter.

Le diagnostic hydrologique

L’hydrologie des zones humides a également été analysée. Il en ressort qu’une légère majorité des parcelles montrent un diagnostic hydrologique sensiblement dégradé. Néanmoins, 40 % des zones humides montrent un diagnostic proche de l’équilibre naturel. 18 % des zones humides présentent un diagnostic hydrologique dégradé à très dégradé. Les modifications sont le plus souvent la conséquence d’un drainage plus ou moins prononcé et localisé au sein des parcelles exploitées, ainsi qu’à des modifications de cours d’eau liées le plus souvent à une simplification du tracé.

L’état de conservation des zones humides

Les résultats montrent que l’état de conservation des habitats est bon dans un peu plus de la moitié des cas. Néanmoins, 35 % d’entre elles montrent une dégradation partielle des habitats. Les dégradations sont très souvent liées aux activités humaines (eutrophisation) qui sont très présentes sur le secteur d’étude ainsi qu’à la modification des cours d’eau et au drainage qui modifie l’hydrologie.

 

Le niveau de menace

Concernant le niveau de menace, l’analyse révèle que la très grande majorité des zones humides sont faiblement à moyennement menacées. Les principales menaces observées sur site sont liées par ordre d’importance à la modification du cours d’eau, le surpâturage, l’eutrophisation  et le drainage.

 

Quelles sont les pressions actuelles !

Les pressions actuelles sont variées, mais si un classement décroissant (impactant les zones humides du plus vers le moins) devait être proposé, la liste serait ainsi faite :

  1. La modification du cours d’eau (30 %) est le principal préjudice au sein de la zone d’étude (simplification du tracé, enrochement, canalisation et incision). Ces modifications ont pour conséquence de réduire ou supprimer la présence de zones humides. Cela accentue par ailleurs la vitesse d’évacuation des eaux allant ainsi à l’encontre d’un cycle de l’eau équilibré. Par la même, les éventuels polluants et autres intrants sont aussi transférés plus rapidement vers l’aval sans laisser au sol le temps d’épurer de telles substances. Ainsi fait, le rôle des zones humides en est fortement réduit.
  2. Le surpâturage (25%) est aussi présent mais se restreint à de petites surfaces. Le fait que l’agriculture de ces secteurs soit globalement assez extensive limite ce phénomène.
  3. L’eutrophisation des formations végétales (23%) est intimement liée au surpâturage. Elle se dessine sur les secteurs les plus piétinées, ainsi que sur les parcelles très accessibles avec les engins agricoles (épandages). On retrouve aussi ces pressions en contrebas de grosses exploitations agricoles et vers les arrivées d’intrants. L’eutrophisation a pour conséquence de modifier les communautés végétales.
  4. Le drainage (23%) est également présent, il modifie les groupements végétaux qui deviennent à tendance mésophile et réduise la superficie des zones humides. Comme pour la modification du cours d’eau cela accentue le ruissellement des eaux, leur vitesse d’évacuation.
  5. La présence d’espèces d’invasives (11%), qui a pour conséquence une modification des écosystèmes et des groupements végétaux. Seules les zones humides situées sur les communes en aval du bassin versant sont fortement impactées.
  6. L’enrésinement ou la populiculture des zones humides (9%), ne se pratique que ponctuellement et sur quelques parties de tels milieux. Il est très rare de rencontrer une zone humide entièrement plantée.
  7. La mise en culture ou les travaux du sol (9%), qui modifie les communautés végétales ainsi que les fonctions réalisées par elle.
  8. L’enfrichement (9%), a pu être constaté sur des zones non exploitées.
  9. La fertilisation ou les pollutions issues des cultures ou des voies de communications adjacentes (8%).
  10. L’urbanisation, cette pression a pour conséquence une destruction partielle ou totale de la zone humide (6%).
  11. Les remblaiements intempestifs par des déchets inertes ou verts, il montre le désintérêt pour de telles zones (5%).
  12. La création de plan d’eau (4%).
  13. La présence de décharge (3%).
  14. La suppression de haies (2%).

Les pressions à venir

La plus grande crainte pour les années à venir en termes de pression sur les zones humides, serait une aggravation des atteintes liées aux modifications des cours d’eaux, ainsi qu’à l’accentuation du drainage. Les modifications ont pour conséquences de réduire les interactions avec le réseau hydrographique principale entrée d’eau pour les zones humides. Cela induit une diminution de la surface des zones humides, ainsi que de leurs fonctionnalités.

Une seconde crainte pourrait tenir en une intensification des pratiques agricoles. Cette intensification ne peut qu’être préjudiciable en entrainant des modifications dans la structure des sols par le surpâturage associé à une modification des cortèges floristiques. Ces atteintes ont pour conséquences de modifier et banaliser les cortèges floristiques. Cette eutrophisation à des conséquences importantes sur la qualité des eaux.

Pour finir, une crainte, pourrait venir d’une destruction partielle ou totale des zones humides en lien avec l’urbanisation.

Saule des lapons (Salix lapponum) observée sur la commune de Besse-et-Saint-Anastaise protégé au niveau national…

Alors il est impératif de préserver cet environnement où s’épanouissent plusieurs espèces végétales patrimoniales dont, huit protégées sur le plan national (Salix lapponum, Lycopodiella inundata, Ligularia sibirica, Drosera rotundifolia, Luronium natans, Isoetes sp Andromeda polifolia et Littorella uniflora), trois protégées sur le plan régional (Lilium martagon, Cicuta virosa et Vaccinium oxycoccos) et quatre inscrites sur la liste rouge régionale (Utricularia australis, Salix eleagnos Pedicularis palustris et Lemna trisulca). Nos zone humides, notre patrimoine à préserver pour tous les services gratuits qu’elles nous rendent !

*Rapport sur les services rendus des écosystèmes d’eau douce de L’UICN

Pêcheur, choisissez votre AAPPMA !

A quelques jours de la saison 2018 de la pêche de la truite, la période d’acquisition des cartes de pêche la plus forte de l’année, nous vous invitons à prendre 3 secondes de réflexion…

Notre département connait la réciprocité inter AAPPMA sur la quasi-totalité des parcours de première catégorie depuis le début des années 80 et nous nous en félicitons. Construit pour le bénéfice de tous, ce système vertueux tend à occulter le choix de l’AAPPMA.

Sur notre territoire moins d’un pêcheur sur cinq contrôlé connait spontanément le nom de son AAPPMA : un chiffre immuable depuis 20 ans!

En effet, il est assez affligeant de constater que peu de pêcheurs s’interrogent au moment de valider leur sésame de savoir si oui ou non l’AAPPMA à laquelle il vont adhérer correspond à leurs idéaux. Pourtant ce qui fait la force « politique » d’une AAPPMA repose majoritairement sur le nombre de ses adhérents.

Ainsi les cartes « papier » imposaient de disposer des « bons » points de vente pour orienter les choix politiques et financiers de gestion au moins à l’échelle du département et parfois au niveau national. Certains points de vente s’arrachaient donc à « prix d’or » où tous les coups ou presque étaient permis, notamment en banlieue de Clermont-Ferrand.

Nombre d’AAPPMA, très majoritairement gestionnaires du réseau de première catégorie mis en réciprocité, AAPPMA dites rurales, elles, s’appuyaient sur un réseau des plus « pittoresques », très loin des 74 % de la population du Puy de Dôme concentrée dans l’agglomération clermontoise ou proche des sous-préfectures…leur défaut : être loin !

Le pêcheur allait donc au plus pratique, et achetait sa carte papier souvent chez le dépositaire d’articles de pêche qui,  de fait, était incontournable pour s’assurer de la puissance politique à l’échelle fédérale. Les choix de gestion dépendaient donc de lui et des AAPPMA qu’il pouvait « distribuer » au gré des accords conclus.

La carte Internet devait révolutionner l’accès à ce potentiel choix. Globalement après plusieurs années, il n’en est rien ! La « position » géographique des dépositaires, moins nombreux et concentrés dans les grandes villes, est toujours très influente. Aussi, les pêcheurs lorsqu’ils adhérent de chez eux, font souvent le choix de l’AAPPMA la plus proche du domicile …sans même réfléchir à l’action qu’elle conduit! Les équilibres restent donc inchangés.

La carte Internet : l’accès facile au vrai choix de l’AAPPMA qui vous représente! Qu’attendez-vous pour choisir vraiment?

Alors pour illustrer notre article, nous citerons 2 chiffres. Dans notre département, plus des 70 % des pêcheurs pêchent la truite. Les quatre plus « importantes » AAPPMA du département gèrent moins de 20 % des parcours salmonicoles (dont  8 % pour une seule !). Un équilibre immuable depuis l’émergence de la réciprocité !

Alors au moment où plus d’un million de pêcheurs s’apprêtent à s’acquitter de leur cotisation, nous vous invitons à réfléchir quelques secondes : En réciprocité, l’AAPPMA que je vais CHOISIR est-elle bien digne de porter mes valeurs ? Et si vous vous en moquez, faites le choix à minima du gestionnaire qui gère le parcours que vous pêchez le plus souvent…Un juste retour pour les bénévoles qui s’y investissent au quotidien !

 

La Couze Pavin et ses affluents en reconquête : Bilan 2017 des actions !

Malgré l’annonce ce 30 janvier 2018 du changement de gouvernance du Contrat de territoire et les incertitudes qui règnent autour de la continuité de l’action publique après 2019, nous vous rapportons le bilan des actions conduites cette année et présentées à Saurier.

Par-delà l’investissement collectif d’un million d’euros supplémentaires pour les 28 exploitations agricoles locales ayant souscrit au catalogue de mesures du PAEC (Projet Agro-Environnemental Climatique) qui visent à réduire l’apport des intrants (engrais, épandage…) sur près de 14 % des surfaces enherbées de la vallée, action dont nous vous avons parlé dans un article précédent, d’autres mesures ont été mises en œuvre. Nous vous en informons.

Le plan d’eau des Hermines au cœur des débats…

Le plan d’eau des Hermines à Super Besse : stockage de l’eau pour les canons à neige l’hiver, base nautique l’été…sa gestion pose des problèmes pour le cours d’eau et la pérennité de tous les usages.

Hors de notre territoire, une zone de reproduction de la truite fario remarquable souffre, la zone dite de la plaine du Gelat entre Besse et Super-Besse et ce depuis la mise en place du Plan d’eau des Hermines en 1968 (réservoir pour les canons à neige). Bloquant le transfert sédimentaire naturel, cette pièce d’eau conduit la Couze Pavin, dés sa source, vers un déficit de sa recharge sédimentaire en aval qui ne cesse de s’amplifier. Plus largement, il génère désormais des aléas liés au maintien des volumes d’eau minimaux sur le cours d’eau (assecs constatés cet été en aval du plan d’eau). Problème de conception des systèmes de vidange, non évacuation des sédiments stockés, assecs : la gestion globale du plan d’eau pose aujourd’hui des problèmes pour sécuriser tous les usages. Plus de 70 000 € ont été investis en étude pour comprendre et envisager des solutions pérennes. Un bassin de sédimentation devrait être créé en aval du plan d’eau ainsi qu’un plan de gestion des vidanges plus abouti : le tout associé à un débit réservé garanti et permanent pour l’aval immédiat. Le but : éviter le comblement du plan d’eau, assurer la recharge sédimentaire aval nécessaire au rétablissement des zones de frai fonctionnelles pour la truite, mais surtout, pour limiter les phénomènes d’érosion et d’incision du cours d’eau sur la plaine tourbeuse…

La protection de berges, encore et toujours…

Les élèves du Lycée agricole de Rochefort Montagne investis dans la protection des ruisseaux et des zones humides de la vallée…

Au titre de la protection des berges par-delà les abreuvoirs solaires, les pompes à museau et autres passages à gué installés, nous soulignerons les plus de 2500 mètres de mise en défense d’une zone humide effectuée sur l’estive du Grand Joran à Compains : opération réalisée conjointement avec l’entreprise retenue et les  1ere année de Bac Pro du Lycée professionnel agricole de Rochefort Montagne. D’autres actions sont à venir pour 2018-2019, comme le traitement de prés de 8  km de ripisylves sur plusieurs communes de la vallée.

Plus de 2500 mètres de berges et de zones humides protégées à Compains

Continuité écologique, le nerf de la guerre…

Action forte et qui nous est chère, le rétablissement de la continuité écologique continue ! Nous nous en étions faits l’écho dans un article précèdent : 4 des 6 principaux ouvrages de notre secteur ont été traités. Les deux derniers sont en phase de validation technique pour ce qui touche aux choix des aménagements sur le ruisseau d’Antaillat situés sur la commune de Meilhaud (des solutions de 15 à 45 K€ pour chacun d’entre eux). Nous espérons voir les travaux réalisés cette année avec ou sans notre participation financière selon le choix technique retenu par la commune. Par ailleurs sur notre sollicitation, notre fédération assurera la maitrise d’ouvrage dans la cadre d’une intervention conventionnée avec les deux communes de Chassagne et du Valbeleix pour traiter un autre ouvrage sur le ruisseau de Sault : un projet chiffré aussi à plusieurs dizaines de milliers d’euros…

Cet ouvrage sur le ruisseau de Sault sera remplacé par un pont à fond libre. Notre fédération assurera la Maitrise d’ouvrage et pilotera le plan de financement…plus de 11 000 € pour le seul mouvement associatif de la pêche de loisir y seront investis !

En dehors de notre secteur, et malgré le futur traitement du seuil de l’hôpital d’Issoire par la mise en place d’une passe à poissons en contrepartie de l’implantation d’une microcentrale « sur chute » et sans tronçon court-circuité, la situation évolue pour le seuil dit du « centre aéré ». Il suscite nombre de passions : plusieurs ayant droit et un producteur hydroélectrique réfractaires, les riverains du « bief » ad’hoc traversant toute la ville d’Issoire soulevant le problème des eaux usées encore non collectées malgré un important travail (70 particuliers restants sur les 400 initiaux), toujours les riverains au sujet du maintien du bâti ou des prélèvements domestiques « sauvages » qu’ils pensent légaux …une rivière de contournement semble recevoir l’agrément de tous : un projet en centaines de milliers d’euros  !

Le traitement du « Pavin 3 » ou seuil du Centre aéré à Issoire évolue! plus de 20 mètres en crête, 4 mètres de haut, déchaussement de sa structure…l’ouvrage est en ruine et fait courir un risque sévère pour les populations. A quand l’intelligence situationnelle devra prendre le pas sur la défense d’intérêts particuliers ? la rivière de contournement réglera peut-être le problème et permettra de concilier tous les usages…

La qualité de l’eau, indispensable à tous…

La « plaine des moutons » à 1200 mètres d ‘altitude : Zone d’estive très faiblement habitée draine pourtant des apports de phosphore permanent…le ruisseau de Malvoissière « subit » vers Saint Victor la Rivière : une commune hors de tout contrat de territoire!

Par-delà, les analyses physico chimique de l’eau ont aussi été commandées au titre d’un suivi intermédiaire, nous nous en étions fait l’écho dans un article précèdent…13 k€ pour 11 stations suivies. Des résultats encourageants ou plusieurs sites progressent comme évoqué. Nous restons vigilants sur l’apport de phosphore, le paramètre de déclassement commun systématique notamment sur certains tronçons : on citera par exemple le ruisseau de Malvoissière, zone « pépinière » de premier plan, traversant les estives dite de la « plaine des moutons » entre Besse et Chambon sur lac. Ce ruisseau nous « draine » cet apport de manière bien trop constante à notre gout…Que se passe–t-il sur ce territoire bordé de hameaux ? Assainissements individuels défaillants, SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif) inexistant, effluents agricoles mal gérés? La constance de l’apport imposerait de se pencher sur ce secteur hors de la juridiction de tout contrat et de notre territoire !

Par ailleurs, l’inventaire des zones humides de la vallée en vue de leur protection s’est par ailleurs poursuivi : 27 k€ y ont été investis !

Une gestion durable, un projet exemplaire…

Enfin nous citerons le projet hydro morphologique sur la commune de Saint-Vincent et son étude pour 40 K€. Le but : Redonner à la Couze Pavin sa dynamique naturelle dans le respect des usages, près de 200 K€ d’actions potentielles sur les deux kilomètres étudiés afin de limiter les risques d’inondation. Nous nous sommes positionnés pour soutenir financièrement 2 des 10 actions  de ce projet en cours d’émergence dans un cadre budgétaire difficile piloté par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne…les arbitrages récents du gouvernement sur la politique de l’eau et sur les budgets des 6 Agences nationales se font déjà sentir au cœur de l’Auvergne ! Nous espérons prochainement pouvoir dévoiler plus de détails.

Mais qui paye !

Au bilan, le seul contrat a investi près de 110 K€ d’actions en 2017 au profit de cette reconquête espérée. Moins de 20 % sont en « auto financement », c’est-à-dire payés par les seules communes concernées par les actions…un ratio très faible. On comprend rapidement que la reconquête de nos cours d’eau dépend de subventions majoritairement pilotées par les Agences de l’eau nationales dont les budgets dépendent de décisions gouvernementales. Un rappel à la vérité à ceux qui claironnent à qui veut l’entendre que ce sont les collectivités locales qui supportent les efforts de reconquête : c’est seulement vrai pour 20 % dans la majorité des cas ! les collectivités locales portent surtout une volonté et c’est souvent le plus difficile à obtenir, quoi qu’on en dise !

En effet ceux qui supportent et qui financent cette reconquête ce sont d’abord les usagers domestiques de l’eau, vous, nous, dans la très grande majorité des cas (près des ¾ des budgets nationaux des agences de l’eau sont issus de taxes payées par les seuls particuliers). Les pécheurs eux sont des « particuliers » privilégiés, puisqu’ils ont « la joie » de participer encore plus à cet effort par l’acquittement chaque année d’une redevance supplémentaire prélevée à l’achat des cartes de pêche et versée à ces agences. (2,38 millions d’euros ont été versés à l’Agence de l’eau Loire Bretagne en 2015 par les 38 fédérations départementales de pêche concernées, alors que les 5722 éleveurs agricoles du même territoire ont versé 2,6 millions d’euros.)

Oui ! Vous, pêcheurs membres des AAPPMA, êtes des sponsors investis de cette reconquête, et nous AAPPMA, FDPPMA, en sommes les garants :

  • par l’acquittement de cette redevance mise à disposition de tous pour la reconquête de l’eau,
  • par les interventions techniques des salariés de nos structures lors des Comités de Pilotage,
  • par  le financement direct d’actions, sur nos budgets propres, lorsque nous le jugeons nécessaire !

Cela fait de nous des partenaires de premier plan…rappelons-le aussi à nos élus !

La gouvernance du contrat de territoire Couze Pavin « explosée »…

Première nouvelle suite à la réunion « Bilan 2017 » du contrat de territoire du 30 janvier dernier à Saurier: Le SIAV (Syndicat Intercommunal d’Aménagement de la Vallée de la Couze Pavin, Couze de Valbeleix et affluents) créé en 1982 pour pallier aux « urgences » d’une rivière jugée agressive, réellement structuré en 2012 afin d’élaborer une véritable gestion pérenne de la rivière et de son bassin versant,  structure de collectivités locales regroupant 15 communes pilotant le contrat de territoire et ses 2 millions d’euros d’investissement dédiés à la reconquête du cours d’eau est désormais « mis en sommeil », et ce 5 ans après son envol !

Place à la GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatique et Prévention des Inondations) et aux grandes structures, aux EPCI (établissements publics de coopération intercommunale), sources prétendues d’économie et d’efficacité… et place aussi à une possible nouvelle taxe locale permise par la loi…mais chut !

Désormais en 2018, ce sera API (Agglo Pays d’Issoire) et l’intercommunalité du Massif du Sancy qui, conjointement, devraient piloter notre contrat de territoire, comme de nombreux autres des vallées voisines ou non d’ailleurs. Non pas une, mais bien deux super Intercommunalités totalisant 110 communes qui devront donc assurer la gouvernance « milieux aquatiques » des territoires…entre autres, et surtout entre bien d’autres choses !

Notre territoire, malheureusement au moment de « rompre les pains » sociétaux, s’est retrouvé partager en deux, entre le Val d’Allier et le massif du Sancy. Il est donc désormais déchiré en son milieu, étiré entre deux super « poids lourds » : l’un, pôle local de l’urbanisation et du développement économique et l’autre, notre «champion» du canon à neige et du sport d’hiver.

Très loin des logiques de bassin versant initiales à l’origine de la création des syndicats de gestion des rivières à taille cohérente, où il fallait bien faire avec les territoires ruraux, y compris pour les « pôles » comme Issoire et Besse en chandesse, les intercommunalités nouvellement créées, par accointance socio politico économique, nous laissent clairement perplexe pour ce qui touche à la gestion des cours d’eau…et surtout de notre cours d’eau !

Toutes deux présidées par deux ténors de la politique locale, nous craignons que ce nouvel abandon de compétence des communes rurales au profit de deux méta structures dissolvent un peu plus les responsabilités, les volontés, les relais possibles, sous couvert d’efficacité et d’économies espérées…La Couze Pavin « parent pauvre » facile des ambitions politiques ! Nous le craignons…

Organigramme API : La gestion des cours d’eau de 110 communes…un problème parmi de nombreux autres !

Une chose est sure les « Dieux » seront inaccessibles et très lointains désormais…pour les « Chidracois » et son AAPPMA notamment, noyés parmi les 109 autres communes !

Une réflexion s’avère nécessaire pour contre balancer ce rapport de force nouvellement établi. L’union des AAPPMA de la vallée, à minima, semble déjà indispensable…nous verrons !

Ceci dit le premier signe « amont » est déjà publié : le non renouvellement du « contrat des Lacs », à nos sources. Les premiers silences de « l’hydre à deux têtes » sur la reprise des actions de reconquête des terres agricoles, visant à stopper l’eutrophisation galopante du lac Pavin, le symbole « de pureté » Auvergnate par excellence, nous laissent déjà pantois ! Un « Gloops » révélateur des difficultés à venir ? Force est de constater que si l’arbitrage d’abandon a été décidé avec une efficacité redoutable, l’arbitrage sur la reprise d’actions et leur continuité lui reste semble-t-il à définir…un début de « bouillon » pour nos poissons ?

En termes de gestion de notre patrimoine naturel, la continuité reste LE paramètre à maitriser pour assurer l’efficacité.

La fameuse « continuité » d’actions qui manque cruellement à l’action publique depuis si longtemps…

Nous nous égarons…nous ne sommes pas « Dieu », et encore moins courtisan…contentons-nous déjà d’être conviés à la table « des informations » : cela pourrait ne pas durer !

Couze Pavin et projet agro environnemental : la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme affirme poursuivre son investissement dans les territoires : notre avis…

En 2016 nous affirmions notre inquiétude sur le volet agricole du contrat de territoire piloté conjointement par le Syndicat Intercommunal d’Aménagement de la Vallée de la Couze Pavin, de la Couze de Valbeleix et de leurs affluents (SIAV) et par la chambre d’agriculture du Puy de Dôme (CDA63). Aujourd’hui nous vous informons des avancées…

Des aides financières importantes au service de pratiques durables…

Le PAEC (Projet Agro-Environnemental Climatique), complément du contrat de territoire, dont l’objet est de proposer aux agriculteurs la contractualisation de mesures  en vue d’un maintien ou d’un changement de pratiques est désormais en action. Le but : réduire l’apport d’intrant dans les sols. Ce plan de gestion quinquennal, financé à 75 % par le FEADER (Fonds Européen Agricole pour le DEveloppement Rural) et pour les 25 % restants par la DRAAF (Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) de la région Auvergne-Rhône-Alpes ou par l’AELB (Agence de l’Eau Loire Bretagne), est bien l’acte concret pour le changement ou le maintien vers des pratiques durables. Prévision initiale : 1 million d’€ supplémentaires d’investissement de tous les contribuables au service des « bonnes pratiques » paysannes sur notre vallée.

Comment réduire les intrants donc ? Par le financement de « l’absence total de fertilisation minérale et organique sur prairies et l’ajustement de la pression de pâturage sur certaines période », « le maintien de la richesse floristique d’une prairie permanente », ou bien encore la « mise en place de lutte biologique »… et aussi par 90 jours/an d’animation pour la chambre d’agriculture, ses salariés et ceux des différents organismes intervenant, comme la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux)… !

Il s’agit donc de proposer aux presque 230 exploitants de la vallée  de savoir comment faire paitre nos 13000 bovins et autres ruminants dans les meilleures conditions afin de limiter leurs impacts sur nos ressources collectives, dont l’eau du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne : la présence de Phosphore « surabondant » étant toujours l’élément commun de déclassement de la qualité des cours d’eau de la vallée !

Une mobilisation frémissante…un début d’une prise de conscience ?

La mobilisation générale semble difficile à mettre en œuvre face à l’urgence économique, sociale et environnementale à laquelle ce secteur est confronté. Pour preuve sur les 50 diagnostics individuels d’exploitation pour « les volontaires » offerts, seuls 33 ont été réalisés sur les 3 dernières années.

10 agriculteurs présents à Saurier le 18/10/2017 lors de cette présentation des techniques d’abreuvement.

Comme toujours les journées d’informations 2017 organisées par la CDA 63 visant à « innover » peinent toujours à mobiliser les troupes : 12 présents à Chidrac pour traiter des « couverts végétaux » en octobre dernier, une dizaine à Saurier au sujet de l’abreuvement des animaux…Certes des chiffres en hausse en regard de l’année dernière, mais bien faibles en rapport du nombre de concernés. Ces journées répondent-elles vraiment à l’attente majoritaire? Ou restent-elles de l’affichage? A ce stade nous ne savons pas…Espérons que la CDA 63, elle, sache et prions pour que personne ne vienne à évaluer l’investissement financier en rapport du résultat escompté. Passons!

Dans ce contexte de changement encouragé par les animateurs du Contrat de territoire, le PAEC donc s’engageait à visiter 89 exploitants en 2016-2017! Bien! 31 exploitations se sont finalement engagées lors de la déclaration « PAC 2017 » dont 28 sur le Bassin de la Couze Pavin, soit 1/3 environ des exploitants rencontrés : un résultat encourageant ! Concrètement  un espoir de changement des pratiques agricoles portant sur la contractualisation d’environ 1 690 hectares des presque 12 000 potentiellement concernés…soit 14 % de la surface totale en Herbe de notre vallée : un commencement significatif certes, loin d’une révolution aussi!

En revanche, il faut tout de même souligner qu’il s’agit là d’une aide quinquennale moyenne de 28 660 € par exploitant de la vallée pour 14 % de la surface concernée : le prix du changement!

Au bilan, le choix est-il encore possible?

Alors que dire au bilan…avons-nous bien la liberté de développer une critique ou de dénoncer?

Lorsque l’on connait le dévouement des salariés en charge de ces animations que ce soit de la Chambre d’Agriculture ou du SIAV comme ceux de tous ces acteurs du changement espéré, les difficultés sans nom que rencontre notre agriculture engluée dans un système commandé par des lobbys financiers qu’ils ne contrôlent pas, l’urgence de l’adaptation au changement climatique, la volonté des consommateurs à se nourrir de produits « durables » et locaux…commenter des actions tout de même positives semble bien secondaire.

L’esprit cartésien du citoyen aurait bien quelques critiques à émettre à la lecture des volumes financiers dépensés, des impôts de tous investis, et des résultats, quelques doutes sur la volonté réelle des acteurs face à l’urgence d’une situation climatique, sociale et économique qui ne cesse de se dégrader…mais pour servir quel objectif? Dans quel but ?

Du vert au désert…est-ce bien inéluctable !

Avons-nous réellement le choix, le temps de critiquer? Au risque de couper la moindre brise, la moindre initiative positive…Nos rus et nos rases ne font-ils pas les grands fleuves de France! l’enjeu semble bien supérieur.

Alors non il n’y a plus de choix! Il nous faut changer quoiqu’il en coute.

Dans cet esprit il nous faut donc surtout éviter d’avoir des regrets de ne pas avoir tout essayé. Certains, croisés au Carrefour National de la Pêche et des Loisirs, affirmeront que la situation est déjà perdue pour nos contextes salmonicoles locaux, que les élévations de températures planétaires projetées scelleront le sort des dernières truites d’Auvergne, qu’il nous faut déjà réfléchir autrement et s’adapter pour garantir la pratique d’un loisir pêche ancré dans son temps…C’est un choix ! Nous ne le ferons pas! Et s’il est surement nécessaire d’anticiper, rien ne justifie le fait de laisser faire.

Ainsi nous faisons partie de ceux qui pensent qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, surtout pour protéger la Truite des Couzes : notre patrimoine local révélé cette année est lui encore bien vivant ! Mieux que dénoncer, accuser, ou abandonner nos cours d’eau à leur triste sort ainsi projeté, nous pensons qu’il nous faut d’abord encourager, accompagner et espérer pour que toutes les forces du changement escompté soient mobilisées…Sait-on jamais !

Changeons ensemble notre avenir commun !

Retour sur l’Assemblée générale dite d’automne de notre fédération.

Cette Assemblée, traditionnellement la plus intéressante où nous débâtons de sujets souvent difficiles et ce « en famille » loin des institutionnels toujours invités lors de celle de Printemps, s’est donc tenue ce 28/10/2017 à l’ENITA de Lempdes.

L’ordre du jour prévoyait notamment le compte rendu de l’étude génétique sur l’espèce truite Fario : Un sujet ô combien sensible compte tenu des pratiques de soutiens piscicoles installées dans le département depuis les années 1984, date de création de notre pisciculture.

Par-delà, des sujets plus légers mais tout aussi importants, étaient évoqués. Nous retenons dans cet article l’augmentation des prix des cartes de pêche annuelles (1 € dont 0.40 cents de taxe d’état et 0.60 pour notre système associatif) pour 2018 et ce après trois ans de stagnation.

Aussi quelle ne fut pas notre surprise de voir le sujet du quota journalier de « truites », Fario ou Arc en ciel d’ailleurs, évoqué et ainsi « sortir du chapeau » à la surprise générale, y compris des administrateurs fédéraux !

le panier : symbole du prélèvement à l’origine de toutes les tensions depuis 1945…

A l’initiative d’une AAPPMA des Combrailles, par ailleurs absente, ayant adressé un courrier au préfet demandant la mise en place de ce quota sur sa vallée, le président de la FDPPMA 63, sur recommandation du même préfet, proposait la « mise au vote » de la réduction du quota de 6 à 4 poissons journaliers sur le département et ce en dehors de toute formes règlementaires,  traditionnelles et/ou habituelles de ce genre de délibération. En 20 ans de présence et près de 40 assemblées, vécues devant ou derrière la tribune, l’initiative paraissait d’emblée délicate ! Et son sort ne faisait guère de doute…

Après plusieurs interventions, plus ou moins favorables de représentants d’AAPPMA, et celles plus techniques des chargés de mission et d’études délivrant tous deux quelques éléments de réflexion visant à éclairer le sens donné à cette possible délibération, qualifiée tour à tour de « démagogique » ou de « pédagogique »et ce selon les argumentaires développés…l’orage s’amorçait et le ton montait !

Une fois l’orage passé, il nous semblait utile d’installer le débat sereinement au plus près des adhérents et de communiquer sur l’état des connaissances que de telles mesures peuvent apporter sur la gestion des stocks et/ou sur leurs vertus pédagogiques. Notre intervention reçut un écho favorable de l’assemblée.

Donner du sens est la première action à conduire pour favoriser l’adhésion de tous…sans cela il est difficile de convaincre !

Dans de telles conditions de préparation, le vote fut donc ajourné et reporté à une prochaine assemblée laissant à chacun la possibilité de mieux préparer son argumentaire tout en ayant pu déjà s’éclairer des échanges effectués.

Le deuxième temps fort fut consacré à la présentation de l’étude génétique de la truite Fario sur le département. Étude dont nous nous étions faits l’écho officieusement en Assemblée Générale 2017.

Là, ce fut un véritable coup de massue sur la tête de nombreux représentants qui découvraient l’ampleur du résultat qui interrogeait manifestement 50 ans de pratique ancestrale souvent défendue avec acharnement et ce à chaque occasion passée…A la lecture des résultats il devient impossible de résister, même pour les plus obtus !

Pour notre part, nous retiendrons l’excellente nouvelle de la préservation des souches indigènes du département  et surtout leur diversité : un trésor pour notre fédération et son territoire. Plus égoïstement, il existe bien une truite des Couzes répartie sur tout le linéaire des Couzes d’Ardes et Pavin et de leurs affluents. Nous ferons tout pour la préserver !

Carte génétique des groupes de truite identifiés du Bassin « Allier » : le rouge révèle la présence plus ou moins marquée de poissons adultes issus de la pisciculture fédérale !

Cette étude révèle aussi la nécessité de réviser les politiques d’alevinage. Les poissons de pisciculture, indépendamment de leur stade de déversement et quelles que soient leurs origines, ne concourent pas massivement à l’effort de reproduction.

Les rares cours d’eau ou portions de cours d’eau où ils se sont implantés durablement sont ceux qui ont subi une pollution destructrice de la souche locale, parfois combinée à un isolement géographique interdisant la reconquête du milieu par les voies naturelles. Rien de surprenant pour les plus avertis, juste une énième confirmation de la lecture scientifique sur le sujet !

Il reste à ces alevins de substitution déversés une seule vertu : celle de remplir quelques paniers et ce dans les stades juvéniles ou pré-adultes…comme le rappelle d’ailleurs le chargé de mission en citant notre étude réalisée voilà plus de dix ans qui déjà révélait la non participation de ces poissons à l’effort de reproduction sur notre vallée mais bien présent dans les stades subadultes. Pour tenir cet objectif faut-il s’assurer de les déverser au bon endroit et dans les bonnes conditions car ils ne résistent pas à la concurrence des poissons sauvages. Par ailleurs s’il s’agit d’assurer le garnissage de quelques paniers, une taille légale de capture adaptée semble inévitable. Ces poissons étant par ailleurs beaucoup plus réceptifs à l’effort de pêche, comme l’a d’ailleurs rappelé le technicien fédéral en citant une nouvelle fois notre expérience.

Ces révélations interrogent désormais tout le monde sur sa politique de soutien non plus piscicole mais surtout halieutique. Il ne s’agit plus de se prendre pour « Dieu » en compensant un quelconque déficit souvent supposé. Il s’agit bien désormais comme nous l’avons compris depuis longtemps d’ailleurs de combattre pour reconquérir d’abord le milieu et l’environnement à moyen/long terme afin d’assurer le maintien et/ou le développement des espèces implantées et, dans le même temps, de satisfaire les pêcheurs dans les limites réelles de nos pratiques de gestion et des possibilités qui nous sont offertes.

Un chantier gigantesque s’ouvre désormais à la lumière de ces révélations…Respect strict du PDPG, renforcement des protocoles de suivi des déversements, accroissement des contrôles « qualité » en production, validation des demandes de déversement par une commission spécialisée, etc. Notre système fédéral tente de se projeter et d’être à la hauteur de ces nouveaux enjeux. Nous verrons si les pistes évoquées seront mises en œuvre et comment. Notre action s’inscrit aujourd’hui comme hier dans ces révélations et confirment donc nos choix de gestion.

Traitement des seuils et barrages…çà continue !

L’année dernière déjà nous vous rapportions l’arasement et l’effacement de deux ouvrages importants de notre secteur sur la rivière Couze Pavin . Dans la dynamique portée par le Syndicat Intercommunal d’Aménagement de la Vallée de la Couze Pavin, de la Couze Valbeleix et de leurs affluents le traitement de deux autres seuils a été réalisé ces derniers jours sur l’affluent le plus important de la Basse Couze Pavin, le ruisseau d’Antaillat sur la commune de Meilhaud.

L’Antaillat 2 un passage à guet dont la lame d’eau imposait un classement en ouvrage « difficilement franchissable ».

Le seuil 4, un autre passage à guet « difficilement franchissable » : une lame d’eau très faible par étiage…

Deux passages à guets bétonnés, les seuils 2 et 4, dont les lames d’eau, la largeur des ouvrages et les fosses aval qui ne laissaient que peu de possibilités de franchissement aux espèces piscicoles, ont donc été aménagés de passes à poissons dites à « macro-rugosité ».

L’ouvrage 2 traité grâce à une passe à poissons à macro-rugosité attend sa mise en eau…

Le seuil 4 lui aussi traité…et en eau !

Certes la partie basse de cet affluent, sur les 400 derniers mètres, connait un assec exceptionnel cette année, la présence de failles argileuses à l’approche de la confluence avec la Couze Pavin contribue à accentuer les difficultés de connexion lors de très forts étiages tels ceux de cette année 2017. Il n’en demeure pas moins vital de « travailler » cette continuité écologique pour accéder aux meilleures zones de frai en amont, elles en permanence « en eau » et où une population indigène de truites fario se maintient.

Si le traitement des seuils 1 et 3, les deux ouvrages restants, les plus importants, ont été reportés, nous tenons à saluer l’investissement de la commune de Meilhaud et de la toute nouvelle équipe municipale qui découvre les problématiques de continuité écologique. Les efforts pédagogiques conduits par les salariés du SIAV, son Président Mr Costes Yves maire de saint Vincent, les salariés de notre Fédération, les organismes d’État tels ceux de la DDT63, de L’Agence Française pour la Biodiversité et d’autres représentants de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne leur permettent de conduire ces dossiers en respect de l’obligation règlementaire qui leur est demandée.

Par ailleurs, nous profitons de l’occasion pour confirmer notre engagement au côté de notre Fédération Départementale dans le traitement d’autres ouvrages, plus en amont et hors du champ de compétence du SIAV, où nous espérons que nos conditions d’interventions, appuyés des mêmes organismes et proposées aux communes concernées suffiront à provoquer les signatures des conventions en gestation. Des projets en dizaines de milliers d’Euros sont sur « la table »…pour toujours garantir un meilleur accès des espèces piscicoles à notre réseau de tributaires et de ruisseaux pépinières. Par l’effort de tous, nous participons à la construction d’un avenir que nous souhaitons plus durable !

Sur les 6 ouvrages du secteur…Seuls 2 restent à aménager.

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