Retour sur l’Assemblée générale dite d’automne de notre fédération.

Cette Assemblée, traditionnellement la plus intéressante où nous débâtons de sujets souvent difficiles et ce « en famille » loin des institutionnels toujours invités lors de celle de Printemps, s’est donc tenue ce 28/10/2017 à l’ENITA de Lempdes.

L’ordre du jour prévoyait notamment le compte rendu de l’étude génétique sur l’espèce truite Fario : Un sujet ô combien sensible compte tenu des pratiques de soutiens piscicoles installées dans le département depuis les années 1984, date de création de notre pisciculture.

Par-delà, des sujets plus légers mais tout aussi importants, étaient évoqués. Nous retenons dans cet article l’augmentation des prix des cartes de pêche annuelles (1 € dont 0.40 cents de taxe d’état et 0.60 pour notre système associatif) pour 2018 et ce après trois ans de stagnation.

Aussi quelle ne fut pas notre surprise de voir le sujet du quota journalier de « truites », Fario ou Arc en ciel d’ailleurs, évoqué et ainsi « sortir du chapeau » à la surprise générale, y compris des administrateurs fédéraux !

le panier : symbole du prélèvement à l’origine de toutes les tensions depuis 1945…

A l’initiative d’une AAPPMA des Combrailles, par ailleurs absente, ayant adressé un courrier au préfet demandant la mise en place de ce quota sur sa vallée, le président de la FDPPMA 63, sur recommandation du même préfet, proposait la « mise au vote » de la réduction du quota de 6 à 4 poissons journaliers sur le département et ce en dehors de toute formes règlementaires,  traditionnelles et/ou habituelles de ce genre de délibération. En 20 ans de présence et près de 40 assemblées, vécues devant ou derrière la tribune, l’initiative paraissait d’emblée délicate ! Et son sort ne faisait guère de doute…

Après plusieurs interventions, plus ou moins favorables de représentants d’AAPPMA, et celles plus techniques des chargés de mission et d’études délivrant tous deux quelques éléments de réflexion visant à éclairer le sens donné à cette possible délibération, qualifiée tour à tour de « démagogique » ou de « pédagogique »et ce selon les argumentaires développés…l’orage s’amorçait et le ton montait !

Une fois l’orage passé, il nous semblait utile d’installer le débat sereinement au plus près des adhérents et de communiquer sur l’état des connaissances que de telles mesures peuvent apporter sur la gestion des stocks et/ou sur leurs vertus pédagogiques. Notre intervention reçut un écho favorable de l’assemblée.

Donner du sens est la première action à conduire pour favoriser l’adhésion de tous…sans cela il est difficile de convaincre !

Dans de telles conditions de préparation, le vote fut donc ajourné et reporté à une prochaine assemblée laissant à chacun la possibilité de mieux préparer son argumentaire tout en ayant pu déjà s’éclairer des échanges effectués.

Le deuxième temps fort fut consacré à la présentation de l’étude génétique de la truite Fario sur le département. Étude dont nous nous étions faits l’écho officieusement en Assemblée Générale 2017.

Là, ce fut un véritable coup de massue sur la tête de nombreux représentants qui découvraient l’ampleur du résultat qui interrogeait manifestement 50 ans de pratique ancestrale souvent défendue avec acharnement et ce à chaque occasion passée…A la lecture des résultats il devient impossible de résister, même pour les plus obtus !

Pour notre part, nous retiendrons l’excellente nouvelle de la préservation des souches indigènes du département  et surtout leur diversité : un trésor pour notre fédération et son territoire. Plus égoïstement, il existe bien une truite des Couzes répartie sur tout le linéaire des Couzes d’Ardes et Pavin et de leurs affluents. Nous ferons tout pour la préserver !

Carte génétique des groupes de truite identifiés du Bassin « Allier » : le rouge révèle la présence plus ou moins marquée de poissons adultes issus de la pisciculture fédérale !

Cette étude révèle aussi la nécessité de réviser les politiques d’alevinage. Les poissons de pisciculture, indépendamment de leur stade de déversement et quelles que soient leurs origines, ne concourent pas massivement à l’effort de reproduction.

Les rares cours d’eau ou portions de cours d’eau où ils se sont implantés durablement sont ceux qui ont subi une pollution destructrice de la souche locale, parfois combinée à un isolement géographique interdisant la reconquête du milieu par les voies naturelles. Rien de surprenant pour les plus avertis, juste une énième confirmation de la lecture scientifique sur le sujet !

Il reste à ces alevins de substitution déversés une seule vertu : celle de remplir quelques paniers et ce dans les stades juvéniles ou pré-adultes…comme le rappelle d’ailleurs le chargé de mission en citant notre étude réalisée voilà plus de dix ans qui déjà révélait la non participation de ces poissons à l’effort de reproduction sur notre vallée mais bien présent dans les stades subadultes. Pour tenir cet objectif faut-il s’assurer de les déverser au bon endroit et dans les bonnes conditions car ils ne résistent pas à la concurrence des poissons sauvages. Par ailleurs s’il s’agit d’assurer le garnissage de quelques paniers, une taille légale de capture adaptée semble inévitable. Ces poissons étant par ailleurs beaucoup plus réceptifs à l’effort de pêche, comme l’a d’ailleurs rappelé le technicien fédéral en citant une nouvelle fois notre expérience.

Ces révélations interrogent désormais tout le monde sur sa politique de soutien non plus piscicole mais surtout halieutique. Il ne s’agit plus de se prendre pour « Dieu » en compensant un quelconque déficit souvent supposé. Il s’agit bien désormais comme nous l’avons compris depuis longtemps d’ailleurs de combattre pour reconquérir d’abord le milieu et l’environnement à moyen/long terme afin d’assurer le maintien et/ou le développement des espèces implantées et, dans le même temps, de satisfaire les pêcheurs dans les limites réelles de nos pratiques de gestion et des possibilités qui nous sont offertes.

Un chantier gigantesque s’ouvre désormais à la lumière de ces révélations…Respect strict du PDPG, renforcement des protocoles de suivi des déversements, accroissement des contrôles « qualité » en production, validation des demandes de déversement par une commission spécialisée, etc. Notre système fédéral tente de se projeter et d’être à la hauteur de ces nouveaux enjeux. Nous verrons si les pistes évoquées seront mises en œuvre et comment. Notre action s’inscrit aujourd’hui comme hier dans ces révélations et confirment donc nos choix de gestion.

Traitement des seuils et barrages…çà continue !

L’année dernière déjà nous vous rapportions l’arasement et l’effacement de deux ouvrages importants de notre secteur sur la rivière Couze Pavin . Dans la dynamique portée par le Syndicat Intercommunal d’Aménagement de la Vallée de la Couze Pavin, de la Couze Valbeleix et de leurs affluents le traitement de deux autres seuils a été réalisé ces derniers jours sur l’affluent le plus important de la Basse Couze Pavin, le ruisseau d’Antaillat sur la commune de Meilhaud.

L’Antaillat 2 un passage à guet dont la lame d’eau imposait un classement en ouvrage « difficilement franchissable ».

Le seuil 4, un autre passage à guet « difficilement franchissable » : une lame d’eau très faible par étiage…

Deux passages à guets bétonnés, les seuils 2 et 4, dont les lames d’eau, la largeur des ouvrages et les fosses aval qui ne laissaient que peu de possibilités de franchissement aux espèces piscicoles, ont donc été aménagés de passes à poissons dites à « macro-rugosité ».

L’ouvrage 2 traité grâce à une passe à poissons à macro-rugosité attend sa mise en eau…

Le seuil 4 lui aussi traité…et en eau !

Certes la partie basse de cet affluent, sur les 400 derniers mètres, connait un assec exceptionnel cette année, la présence de failles argileuses à l’approche de la confluence avec la Couze Pavin contribue à accentuer les difficultés de connexion lors de très forts étiages tels ceux de cette année 2017. Il n’en demeure pas moins vital de « travailler » cette continuité écologique pour accéder aux meilleures zones de frai en amont, elles en permanence « en eau » et où une population indigène de truites fario se maintient.

Si le traitement des seuils 1 et 3, les deux ouvrages restants, les plus importants, ont été reportés, nous tenons à saluer l’investissement de la commune de Meilhaud et de la toute nouvelle équipe municipale qui découvre les problématiques de continuité écologique. Les efforts pédagogiques conduits par les salariés du SIAV, son Président Mr Costes Yves maire de saint Vincent, les salariés de notre Fédération, les organismes d’État tels ceux de la DDT63, de L’Agence Française pour la Biodiversité et d’autres représentants de l’Agence de l’Eau Loire Bretagne leur permettent de conduire ces dossiers en respect de l’obligation règlementaire qui leur est demandée.

Par ailleurs, nous profitons de l’occasion pour confirmer notre engagement au côté de notre Fédération Départementale dans le traitement d’autres ouvrages, plus en amont et hors du champ de compétence du SIAV, où nous espérons que nos conditions d’interventions, appuyés des mêmes organismes et proposées aux communes concernées suffiront à provoquer les signatures des conventions en gestation. Des projets en dizaines de milliers d’Euros sont sur « la table »…pour toujours garantir un meilleur accès des espèces piscicoles à notre réseau de tributaires et de ruisseaux pépinières. Par l’effort de tous, nous participons à la construction d’un avenir que nous souhaitons plus durable !

Sur les 6 ouvrages du secteur…Seuls 2 restent à aménager.

Pêche électrique d’inventaire sur le Parcours « prendre et relâcher »

Retour rapide sur la pêche électrique de ce jeudi 21/09 effectuée sur le parcours de la Couze Pavin à Saint-Cirgues. Conduite par notre Fédération et ses techniciens, les bénévoles et administrateurs de la FDPPMA 63 complétés par nos adhérents ainsi que ceux de l’AAPPMA voisine d’Issoire ont réalisé cet inventaire désormais traditionnel. 17 personnes étaient donc à l’œuvre dés 08h30 pour réaliser les deux passages et scanner les 150 mètres linéaires au départ du bief de Chidrac.

Lamproies, chabots, loches et autres vairons se laissaient surprendre ainsi qu’une densité conséquente de juvéniles de truites Fario. Tous étaient donc enregistrés à la table dite de la « Bio ».

Salariés et bénévoles à l’œuvre pour l’enregistrement des poissons capturés.

Cette pêche électrique fut l’occasion pour les stagiaires du CFPPA de Brioude à Bonnefont, spécialité BP JEPS Moniteur Guide de pêche d’assister à cet inventaire. Par ailleurs, la trentaine d’élèves du BTS Agricole « Gestion et Protection de la Nature » de Rochefort Montagne complétés le rang des visiteurs. Beaucoup de monde donc ce jour au bord de la rivière, ce qui pouvait laisser une impression de joyeuse foire du bord de la route. Un jeudi surprenant pour nombre de locaux qui se posaient quelques questions…

Au delà du résultat qui sera commenté aux adhérents lors de notre assemblée générale ce fut d’abord un moment d’échange qui permettait à tous, jeunes et plus expérimentés, de se retrouver au chevet de la rivière. L’après-midi fut  consacré à un site de l’AAPPMA d’Issoire : le futur site d’implantation de la micro-centrale hydroélectrique du seuil de l’hôpital.

Beaucoup de monde au bord de l’eau…jusqu’à provoquer quelques ralentissements routiers au réveil de la vallée !

Les écoles de la vallée à la pêche.

Sur notre recommandation et avec notre appui, le SIAV « Couze Pavin et ses affluents » des collectivités a mandaté notre Fédération et son pôle développement afin de réaliser plusieurs prestations d’initiation à la pêche et de découverte des milieux aquatiques. Ainsi plusieurs classes des Regroupements Pédagogiques Intercommunales des Vallées des Couzes Pavin et Valbeleix ont eu la chance, comme ceux de Saint-Vincent et Saint-Floret ce jour, de profiter de cette animation menée par les guides de pêche conventionnés de nos structures associtives : Jacques Faucher et Julien Katzenfort moniteurs guides professionnels ont ainsi eu le plaisir d’animer cette journée d’abord dédiée à la découverte du cours d’eau, puis cet après-midi de tremper la ligne au Plan d’eau des Hermines !

Jacques Faucher présente les « petites bêtes » vivant dans le cours d’eau.

Une fois initiée…c’est la chasse à la « petite bête » : certains pieds goutteront la fraicheur de la Couze Pavin !

Arasement des seuils Pavin 6 et 7…1 an déjà !

Rétablir la continuité écologique des cours d’eau, l’un des leviers de la reconquête des masses d’eau identifiés au nouveau national pour améliorer la qualité des cours d’eau. Le but favoriser le transit sédimentaire nécessaire à la bonne santé des cours d’eau mais aussi la libre circulation des espèces piscicoles afin que ces dernières puissent accomplir leur cycle vital. Il s’agit de réduire les pressions des activités humaines à l’instar des autres fléaux que sont l’usage excessif et non contrôlé de produits phytosanitaires présents dans plus de 90 % des masses d’eau, y compris souterraines, et de limiter les apports excessifs des engrais et des dérivés de l’agriculture intensive…A peine plus de 40 % des masses d’eau de surface en France sont considérés en « Bon état » écologique !

Face aux contraintes qui chaque année ne font que s’accentuer sur notre territoire, comme ailleurs, les incertitudes climatiques nous imposent de prendre toutes les mesures visant à réduire l’empreinte environnementale de nos activités. L’enjeu est simple : nous permettre collectivement de pouvoir continuer durablement d’utiliser toutes les ressources mises à disposition par notre environnement et surtout de garantir une eau de qualité, indispensable à toute les formes d’exploitation d’activités.

Seuil pavin 7

Après ce rappel de contexte, un retour vous est fait sur l’évolution de la rivière au travers d’un exemple le Pavin 7. Seuil séculaire de plus d’1,80 m installé au moyen-âge, il n’avait plus d’usage. Totalement infranchissable, il fut arasé en octobre 2016 en moins d’une journée.

Vue témoin…l’ouvrage est démoli en 1 jour.

Laissant place à l’avenir…

Vue témoin…les graves sont prêtes à dévaler.

Un an plus tard, la rivière reprend ses droits. Sans crue majeur, l’année 2017 a néanmoins permis de déplacer des centaines de mètres cubes de graves qui ont « redessiné » totalement le parcours sur plus de 500 mètres en amont comme en aval. Diversification des profils, des vitesses d’écoulement , nouvelles incisions, méandres, plats courants et radiers se succèdent, et ce malgré la faiblesse du débit estival. L’œil du pêcheur perçoit une multitude de profil d’habitats découverts pour tous les stades d’individus piscicoles. Un an après, le résultat est déjà là…et l’avenir de la prochaine crue accentuera, nous l’espérons, la diversité de ce profil autrefois uniforme et sans grand intérêt.

La rivière reprend ses droits . de multitude de profils différents sont nés tant en mont qu’en aval sur prés de 500 m…

Suivi de la qualité des eaux de la Couze Pavin : des résultats encourageants !

Reconquérir le bon état écologique des masses d’eau de la Couze Pavin un objectif affiché pour la rivière et son bassin versant. Ce bilan intermédiaire commandé par le SIAV « Couze Pavin » au titre du contrat de territoire nous confirme des progrès !

Evalué sur une multitude de facteurs, de la qualité physico-chimique de l’eau à d’autres indicateurs dits « biologiques » portant sur les espèces piscicoles, les insectes aquatiques et même les micro-algues, l’état écologique d’un cours d’eau mixte l’ensemble de ces indicateurs pour s’étalonner au final sur l’indice le plus dégradé de tous : un objectif donc ambitieux qui nous invite à mesurer chacun des items caractérisant les progrès potentiels !

Ainsi si les indices biologiques du milieu aquatique présentent un effet intégrateur dans le temps, les mesures physico-chimiques de l’eau, elles, caractérisent un état à un instant donné. Par conséquent, des variations plus ou moins importantes de certains paramètres physico-chimiques peuvent apparaître au cours du temps car dépendants, par exemple, du fonctionnement des stations d’épuration, de l’activité touristique, de la dégradation rapide des nitrites… C’est pour cela qu’il est important de recouper les classes de qualité biologiques avec les classes physico-chimiques ce qui permet de définir des classes de qualité écologique.

Ainsi le bilan intermédiaire de 2017 de l’un des paramètres, la qualité physico-chimique des eaux de la rivière est l’une des étapes qui nous permet de mesurer les évolutions de l’un des indicateurs centraux : la qualité de l’eau qui coule dans nos vallées cette année !

En 2015, le bilan initial sur la qualité physico-chimique de l’eau révélait que 7 des 9 sites retenus étaient classifiés à un niveau « Bon », les deux derniers étant qualifiés de « moyen » sur cette échelle de valeur à 5 paliers allant de mauvais à très bon. Il subsistait donc des marges de progrès importantes.

Aussi 2017 révèle qu’aucuns des 9 sites étudiés ne subit de dégradation. Mieux encore 2 atteignent le niveau « Très Bon »,alors que 7 autres sont évalués au niveau « bon »…un net progrès !

Macro-invertebrés suivi par l »indicateur IBG : en progrès constant depuis 13 ans…

Ces résultats, certes ponctuels et limités à une « photo » instantanée des masses d’eau analysées, démontrent que si l’apport de nutriments en quantité excessive reste à l’origine des paramètres déclassant la qualité écologique de la rivière au sens de l’analyse globale, il n’en est pas moins vrai qu’ils valident les progrès durables déjà constatés sur le peuplement des insectes aquatiques entre 2004 et 2015. En effet, la classe de qualité générale de l’indicateur biologique de cette macro faune est passée de « moyen/bon » en 2004 à « bon/très bon » en 2015. La Couze Pavin est bien en reconquête de sa qualité écologique grâce aux efforts de tous !

Continuons ensemble à améliorer notre environnement…

Plus de 5 Hectares de zones humides menacées d’asséchement, sauvés à Compains!

Début du fossé drainant rebouché. 450 mètres de long sur 1,5 mètre de profondeur pour un mètre de large…La zone humide n’allait pas le rester longtemps !

Après notre dépôt de plainte à la veille de Noël 2015, il aura fallu pas mal de patience et d’abnégation pour voir ce dossier évolué positivement ! Courriers divers et variés, coups de fils, tractations sous-jacentes, Arrêtés préfectoraux successifs et mises en demeure associées…Notre AAPPMA a utilisé toute la panoplie de l’arsenal possible afin d’obtenir une solution rapide nécessaire au rétablissement et à la sauvegarde de cette zone humide située en plein cœur du Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne au lieu-dit de la Gardette et à quelques pas de la réserve naturelle nationale des Sagnes de La Godivelle, créée le 27 juin 1975, afin de protéger 24 hectares de tourbières.

La zone humide à droite de la photo et le fossé rebouché en noir.

L’origine du conflit : la « remise en exploitation » autorisée par l’Etat d’un étang. Sous notre vigilance, y compris dans cette zone reculée de notre territoire, les travaux projetés n’ont pas tardé à révéler les premiers écarts : Destruction du lit du cours d’eau le traversant sur plus de 30 mètres linéaires, non respect de procédures en respect de la Loi sur l’eau, drainage de zone humide…Le pétitionnaire, surement bien conseillé, pensait pouvoir s’affranchir de quelques détails administratifs !

Force est de constater qu’il est tombé sur un os…tout influent qu’il est !

Nous tenons à souligner ici l’implication des services de l’État locaux, de la Police de l’eau et en particulier de la toute nouvelle Agence Française pour la Biodiversité (ex-ONEMA) qui dans ce dossier aura su user des méthodes adaptées afin que le milieu aquatique puisse être réparé rapidement, quand bien même les 450 mètres de drains rebouchés dans les règles de l’art devront à nouveau fusionner avec l’équilibre naturel de la tourbière et le ruisseau retrouver son aspect naturel…Qu’importe les droits et devoirs des uns et des autres ont été respectés, le milieu préservé avant que l’irrémédiable ne se produise : l’asséchement total de cette zone humide !

Continuité du fossé drainant rebouché…

Les candidats à l’élection présidentielle et la pêche de loisirs.

La Fédération Nationale de la Pêche en France a sollicité les 11 candidats à l’élection présidentielle au travers d’une interpellation écrite envoyée le 21/03/2017, et ce en précisant qu’elle diffuserait les réponses à son réseau associatif. Notre fédération Nationale nous ayant transmis les réponses, elle constatait au 21/04/2017 la réception de trois seules réponses : celles de Messieurs ASSELINEAU, FILLON et MACRON.

Le second tour étant en cours nous publions les seules réponses communiquées du candidat encore en lice.

Réponses d’Emmanuel Macron aux questions de la FNPF aux candidats aux élections présidentielles 2017.

 Question 1) Le monde associatif de la pêche de loisir soutient que les écosystèmes aquatiques ne sont pas en contradiction avec les impératifs de développement économique. Par ailleurs, nous refusons toute forme d’appropriation privative de l’eau, patrimoine commun, au travers notamment des retenues de substitution dès lors qu’elles sont en contradiction avec les exigences naturelles des cours d’eau. Selon nous, la priorité doit être donnée à une gestion économe et efficace de la ressource en eau. Elle doit également être plus collective et respectueuse de tous les impératifs en particulier des écosystèmes aquatiques et de leurs usages de loisir. Qu’en pensez-vous ?

Je partage votre opinion sur l’importance vitale de l’eau et des écosystèmes aquatiques qui ont trop longtemps été considérés comme des variables d’ajustement du développement économique. Nous ne pouvons plus avoir une vision de court terme sur les politiques de biodiversité aquatique comme d’ailleurs sur la biodiversité terrestre, car nous parlons d’un bien commun qu’il faut durablement préserver. J’ai conscience que les politiques agricoles ont eu un impact négatif considérable en raison de l’utilisation de nombreux pesticides en bordure des rivières, des assèchements de zones humides tampons, de l’irrigation et du développement des retenues de substitution. C’est l’enjeu de la politique agricole que j’entends conduire en respectant la ressource en eau et en assurant des mesures d’accompagnement pour que les agriculteurs acceptent les contraintes grâce à des compensations réelles. Parallèlement j’ai l’intention d’être très volontariste sur la réduction drastique de l’utilisation des pesticides dont certains ont des conséquences dramatiques pour la santé publique et pour la faune aquatique. Je souhaite aussi profiter de la réforme de la PAC pour que la biodiversité aquatique soit intégrée dans les critères de valorisation des espaces agricoles.

Question 2) L’ambition énergétique de la France et, avec elle, le développement de l’hydroélectricité ne peuvent se faire au détriment de la nécessaire protection de nos rivières. En France, plusieurs dizaines de milliers de petits ouvrages sont recensés, dont une infime minorité présente un réel avantage énergétique. Pour les pêcheurs, le taux d’équipement de nos rivières en ouvrages de toute nature en particulier hydroélectriques a atteint un seuil écologique, social et économique optimal. Partagez-vous ce point de vue ? Que ferez-vous pour faciliter la coexistence entre les ouvrages existants utiles et la nécessaire protection de notre patrimoine naturel que constituent nos rivières ?

Il reste encore de nombreuses possibilités d’équipements concernant la petite hydroélectricité. Je sais que de nombreux élus y sont favorables pour des raisons de retombées fiscales et sont prêts à s’engager dans cette voie. Toutefois je suis plus nuancé à la lecture de la rentabilité économique de potentiels nouveaux équipements et surtout de leur localisation qui conduira à une rupture encore plus forte de la continuité écologique de nos rivières.

Comme vous le dites, des dizaines de milliers de petits ouvrages existent déjà et ne représentent une part non négligeable de notre potentiel en énergie renouvelable. Dans l’optique de la transition énergétique que je porte, nous devons privilégier l’existant, réhabiliter et optimiser tout en prenant en compte l’impact réel sur les équilibres naturels.

Au-delà, je sais que beaucoup de nouveaux projets pourraient voir le jour dans des rivières avec des conséquences écologiques dramatiques. Ce n’est pas ce que je souhaite en référence à leur impact et la concertation sur ce point doit impérativement passer aussi par vous. Je m’y engage, car je crois au dialogue entre les partenaires sociaux pour faire raisonnablement avancer les choses sans dogmatisme. 

Question 3) Le financement de la politique de l’eau repose sur de nombreux principes dont le principe du pollueur payeur. Ce principe, malgré quelques ajustements, n’est toujours pas pleinement appliqué. Que comptez-vous faire pour que les redevances soient véritablement incitatives et respectueuses du principe pollueur-payeur ?

Je vous sais très attaché à ce principe du pollueur-payeur qui est avant tout un principe de bon sens. Comme vous je suis attaché au principe « pollueur – payeur » et je vais faire en sorte qu’il redevienne la règle applicable au quotidien. La récente création de l’Agence Française de la Biodiversité que je soutiens nous invite également à évoluer – en concertation – sur de nombreux points pour éviter les tensions inutiles.

Question 4) Par ailleurs, la pêche est la seule activité de loisir à être assujettie à une redevance. Les pêcheurs ne souhaitent pas remettre en cause ce principe. Toutefois, les pêcheurs attendent des pouvoirs publics l’ouverture d’une véritable réforme afin que la redevance acquittée par chaque pêcheur exerçant en eaux libres soit plus acceptable. Qu’en pensez-vous ?

Je connais votre revendication et j’ai toujours été étonné que vous soyez la seule activité de loisir aquatique à être soumis à une redevance. Je sais aussi que vous avez fait le choix de ne pas demander sa suppression ou son élargissement à toutes les autres activités de loisirs aquatiques qui sont pourtant nombreuses et souvent beaucoup plus impactant que vous sur le milieu. On vous taxe de façon injuste au prétexte que vous prélevez une partie de la ressource halieutique. Je pense raisonnablement que l’on doit baisser cette redevance ou à défaut vous affecter une partie de cette dernière pour que vous puissiez poursuivre votre activité indispensable en faveur de préservation et la restauration de nos cours d’eau.  

Question 5) Qu’envisagez-vous de faire pour favoriser le partenariat entre le monde associatif de la pêche et les collectivités territoriales qui ont de plus en plus de responsabilités dans le développement économique des territoires, la gestion des milieux aquatiques (décentralisation du domaine public fluvial et mise en place de la GEMAPI) ?

Ce sujet fait aussi partie de la concertation essentielle évoquée plus haut. Un partenariat exemplaire et durable doit s’instaurer entre votre fédération nationale, vos fédérations départementales et les collectivités territoriales. Votre expertise et votre savoir-faire sont indispensables pour les élus qui doivent conduire des politiques environnementales. Avec les Agences Régionales de la biodiversité et les schémas régionaux de cohérence écologique, c’est le bon état écologique de l’eau qui doit être l’une des priorités des régions. Vous avez un rôle clef à jouer et je ferai ce qu’il faut pour que vous soyez des partenaires reconnus et respectés dans ce domaine. C’est l’un des enjeux pour parvenir à rattraper notre retard et respecter la directive-cadre sur l’eau alors que moins d’un cours d’eau sur deux répond aux critères de ce texte européen. 

En tant qu’Européen convaincu, je ne veux pas d’une Europe tatillonne qui empêche les ruraux de vivre normalement. Mais concernant la gestion des milieux aquatiques, j’entends que nous soyons avant-gardistes et pas dans la situation caricaturale qui est le nôtre aujourd’hui avec des retards considérables dans tous les domaines d’application de cette directive.  

Question 6) Comme les autres mouvements associatifs, le réseau de la pêche de loisir est confronté à une véritable crise de l’engagement bénévole malgré ses 4000 associations locales. Que comptez-vous faire pour encourager la mise en place d’un véritable statut du bénévole associatif ?

Durant la campagne j’ai découvert l’incroyable potentiel associatif du monde de la pêche comme de celui de la chasse. Dans le monde rural, vous faites partie des associations les plus dynamiques avec des dizaines de milliers de bénévoles engagés au quotidien dans les actions nature, comme vigies et gestionnaires des cours d’eau, dans l’animation des territoires ou dans l’éducation à la nature. 

Votre passion vous conduit à être parmi les premiers militants de la défense de l’environnement, bien au-delà des rivières et des étangs. C’est pour cette raison que ce statut toujours annoncé et toujours reporté du bénévole associatif doit être mis en chantier absolument. Nos espaces ruraux comme nos quartiers ne peuvent être de vrais lieux de vie que si la dynamique associative est là, avec des bénévoles reconnus et toujours présents. Je m’y engage, car c’est la cohésion sociale de nos territoires qui est en jeu et c’est fondamental pour notre pays. 

Pesticides…des ventes en hausse !

Échec patent de la politique nationale de réduction de l’usage des pesticides, le premier plan ecophyto de 2008 visait à réduire de moitié leur usage. Le second plan adopté en 2015, les politiques nationales peinent toujours à obtenir un résultat. Seule l’interdiction stricte des produits permet de tirer quelques bénéfices manifestement…

Quelques extraits de ce rapport ministeriel1 sur leurs usages.

Depuis 2009 et selon la Banque nationale des ventes de produits phytosanitaires, les achats de pesticides progressent pour s’établir à 68 milliers de tonnes en 2015.

Malgré une réduction des produits autorisés dans les jardins, avec une diminution de plus de 5 % par an depuis 2009, les ventes des produits bénéficiant de la mention « emploi autorisé dans les jardins » – (« EAJ ») représentent 8 % de la vente de la totalité des produits phytosanitaires en 2015.

A noter également une réduction des teneurs dans les eaux superficielles : les teneurs en pesticides dans les cours d’eau, pondérées des risques environnementaux qu’elles représentent pour la faune et la flore aquatique, baissent légèrement sur la période 2009-2014. Cette tendance est principalement portée par l’évolution des teneurs en herbicides, dont plusieurs substances, parmi les plus écotoxiques, ont été récemment interdites.

DES VENTES EN HAUSSE ENTRE 2009 ET 2015

Depuis 2009, la tendance de ces ventes est globalement à la hausse, alors que la surface agricole utilisée (SAU) a diminué de 0,9 % (graphique 1). Les variations climatiques (températures et hygrométrie) qui conditionnent le développement des ravageurs, maladies et adventices expliquent très largement les variations annuelles constatées. Les ventes de l’année 2015 sont supérieures à la moyenne des ventes des 7 dernières années qui s’élève à 65,7 milliers de tonnes.

DES USAGES QUI VARIENT SELON LE TYPE DE CULTURE

L’indicateur de fréquence de traitement (IFT) permet d’observer l’intensité d’utilisation des produits phytosanitaires par culture. Il mesure le nombre moyen de doses homologuées par ha de culture pendant une campagne.

Dans l’ensemble, les IFT de la campagne 2014 sont en légère augmentation par rapport à 2011 pour les cultures de blé tendre, orge, colza, pomme de terre et canne à sucre (graphique 2). L’utilisation accrue des fongicides en 2014, en raison d’une plus forte pluviométrie, explique essentiellement cette variation.

Dans un contexte de réduction de leurs surfaces, les cultures fruitières reçoivent toujours un volume conséquent de traitements phytosanitaires. Avec 20 % des surfaces de vergers les pommiers, par exemple, bénéficient de 35 traitements par an en 2015 (idem en 2011).

MALGRÉ LES USAGES, LES TENEURS EN PESTICIDES ONT LÉGÈREMENT DIMINUÉ DANS LES COURS D’EAU DEPUIS 2009

En France métropolitaine, l’indice d’évolution de la présence des pesticides dans les cours d’eau (IPCE), prenant en compte l’écotoxicité de chacune des substances, baisse d’environ 10 % entre 2009 et 2014, malgré un pic en 2012 (graphique 3, courbe violette). Cette évolution est principalement due aux herbicides. Ce groupe n’est pas le plus écotoxique mais le plus présent dans les milieux aquatiques. Les teneurs en herbicides diminuent ainsi de 5 % en 2014 par rapport à l’année précédente. La tendance sur les fongicides et les insecticides est moins marquée, avec une quasi-stabilité depuis 2011. La tendance est également influencée par la météorologie, qui conditionne les épandages et peut favoriser les mécanismes de dérive et transfert.

DES TENDANCES PAR BASSIN PLUS CONTRASTÉES

Si la tendance nationale est en légère baisse, les évolutions locales sont plus contrastées (carte 2). Selon le précédent découpage administratif, les régions Centre, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées concentrent une grande partie des bassins versants en hausse sur la période. Les herbicides de grande culture y sont effectivement en hausse notable.

ET EN AUVERGNE

Retrouvez ce rapport complet  : http://www.fredon-auvergne.fr/phyteauvergne/pdf/Plaquette_BSA_2016_web.pdf

ET POUR LE BASSIN DE LA COUZE PAVIN

Le point d’analyse de Phyt’eauvergne étant en aval d’Issoire, c’est-à-dire à l’entrée de la plaine céréalière, proche de l’embouchure avec l’Allier, il en ressort en conclusion un niveau faible de contamination. Les conditions climatiques influant grandement les transferts jusqu’au cours d’eau, ce graphique ci-dessous retrace les évolutions des prélèvements et le suivi associé. Il en ressort au global la détection de 16 molécules dont les plus présentes sont liés à deux herbicides relevés à l’état de traces de la culture du Mais. En revanche le présence de dix herbicides à usage multiple ont été détecté (entretien de voirie, des parcs et de jardins…mais aussi en agriculture). Nul doute que l’interdiction de d’emploi pour les collectivités devrait révéler l’origine des derniers herbicides utilisés : http://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/economie/agroalimentaire/2016/11/18/ces-communes-auvergnates-qui-ont-banni-les-pesticides_12153671.html

Pour aller plus loin pour la Couze Pavin et toutes les rivières d’Auvergne : http://www.phyteauvergne.fr/rubrique.php3?id_rubrique=3

Source 1 : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Datalab_essentiel/2017/datalab-essentiel-94-pesticides-mars2017.pdf

Reconquête de la Couze Pavin : des espoirs et des doutes (partie 2) !

Image provocatrice et modifiée de la communication d’une AOP fromagère locale célèbre, « green washing » tendance à l’instar d’Engie ou Total, il est de bon ton d’être « vert » aujourd’hui !…Terre d’abord d’élevage (82 % des exploitations), majoritairement bovin, notre territoire concerne surtout 7 communes en AOP fromagère pour 74 opérateurs. Le bassin de la Couze Pavin est l’un des territoires de production de ce fromage international. Nos exploitants sont-ils aussi « verts » qu’ils l’affichent ? Peut-être…

Après avoir traité de l’action directe des collectivités, nous traitons dans cette seconde partie l’action de l’un des acteurs centraux du contrat de territoire : le monde agricole.

Un petit rappel de contexte s’impose !

Selon le dernier rapport Européen*, paru le 03/02/2017, seules, en France, « 44 % des masses  d’eau de surface  naturelle atteignent  un  état  écologique  «bon»  ou  «très  bon» », et ce pour un objectif initial 2015, de fait reporté à 2021, de 53% comme toutes les eaux Européennes… on est donc loin et en retard de l’objectif fixé, reporté à 2021 par la force des choses.

Ce même document, sans concession sur l’action publique nationale annonce que « la pollution diffuse provenant de l’agriculture constitue la  pression  significative  la  plus  répandue  sur  les  masses d’eau  (affectant  39%  des  masses  d’eau  au  niveau national, beaucoup plus dans certains districts hydrographiques),  entraînant  une  eutrophisation et des coûts accrus pour le traitement de l’eau. ».

Malgré une nette amélioration de certains indicateurs ces dernières années…La Couze Pavin reste à la limite des objectifs de la DCE.

Plus localement la dernière étude sur la qualité des eaux du bassin de la Couze Pavin relevait en conclusion sur son bilan 2015  que « La Couze Pavin respecte difficilement les objectifs de qualité de la DCE. Les analyses montrent que le problème le plus récurrent est l’apport en nutriments et particulièrement les matières phosphorées et ponctuellement les matières azotées », tout en relevant  que « L’activité pastorale importante présente sur le bassin versant implique une vigilance particulière quant aux différentes atteintes liées à ces activités. Bien que la majorité des données physicochimiques montre une bonne qualité des eaux, les apports excessifs en nutriments issus des rejets d’assainissement sont difficiles à différencier de ceux issus de l’activité agricole. L’objectif du SIAV de réduire les volumes d’effluents fromagers et d’optimiser la gestion des eaux blanches et du lactosérum afin de limiter les apports diffus et ponctuels peut contribuer directement à améliorer et à conserver une bonne qualité physicochimique. »

Ce même bilan reconnait par ailleurs que « Les données concernant le peuplement de macroinvertébrés entre 2004 et 2015 montrent une nette amélioration de la qualité des eaux de la Couze Pavin. En effet, la classe de qualité générale est passée de « moyen/bon » en 2004 à « bon/très bon » en 2015. La dégradation de la qualité observée en 2004 en aval de la station d’épuration de Besse et Saint Anastaise suivie en 2007 par la rénovation de la station d’épuration a dû clairement participer à améliorer la qualité biologique du milieu récepteur. De même, les différentes mises en conformité des systèmes d’assainissement situés plus en aval permettent désormais de répondre aux exigences de la DCE sur ce paramètre. Les données de la station RCS depuis 2006 tendent vers une stabilisation vers la qualité « bon/très bon »…Oui, nous confirmons la majorité des communes ont joué le jeu, nous l’avons dit, même si des efforts sont encore nécessaires !

Nous le voyons la Couze Pavin respecte difficilement les objectifs de la DCE. Si les collectivités sont dans une dynamique positive depuis quelques années par l’amélioration des collectes et de traitement des eaux usées, il est aussi à noter que l’interdiction progressive des phosphates dans les détergents domestiques nous conduit logiquement vers d’autres responsables!

Des cosignataires en recherche de motivation !

Pour le volet agricole du contrat piloté par la chambre d’agriculture du 63, nous sommes effectivement très inquiets !

31 Mai 2016 : information sur la gestion des effluents…4 agriculteurs présents sur plus de 220 invitations !

Nous disons « Oui » aux accompagnements, « Oui » à la sensibilisation à des pratiques durables, « Oui » au PAEC (Projet Agro-Environnemental Climatique)…Mais où sont nos agriculteurs ! Près de 230 exploitations (dont une douzaine en Bio) tout de même sur la vallée pour près de 13 000 bovins ! Alors lorsque les 6 réunions de sensibilisation par an financés, rassemblent  moins de deux dizaines de « volontaires », de plusieurs bassins versants, au mieux, et le plus souvent 2, 3 voir 4 de notre vallée, nous sommes surpris à la présentation des bilans !

Autre chiffre 19% des agriculteurs ont assisté aux réunions d’information de l’action du contrat et de ses orientations sur les diagnostics individuels de leurs exploitations. Des chiffres bien « maigres » compte tenu des enjeux et de la gratuité effective de ce bilan !

Ainsi les 140 000 € budgétés pour la restauration de la qualité de l’eau au travers de ces 50 diagnostics individuels d’exploitation pour « les volontaires » est un véritable levier à saisir ! Au final 7 bilans faits en 2015, devenus 10 sur le bilan 2016, et potentiellement 15 de mieux « en émergence » pour 2016…il ne reste que 2017 pour arriver à la cible ! Cela ne se bouscule pas au portillon malgré la gratuité de l’accompagnement, qui de plus n’engage à rien !

Pire encore le PAEC (Projet Agro-Environnemental Climatique), complément du contrat de territoire, dont l’objet est de proposer aux agriculteurs la contractualisation de mesures  en vue d’un maintien ou d’un changement de pratiques est désormais en action. Le but : réduire l’apport d’intrant dans les sols. Encore Oui, bien sûr ! Nous sommes d’accord ! Ce plan de gestion quinquennal, acte concret pour le changement ou le maintien vers des pratiques durables, prévoit tout de même plus d’1 million d’€ supplémentaires d’investissement au service des « bonnes pratiques » paysannes.

Comment réduire les intrants ? Par le financement de « l’absence total de fertilisation minérale et organique sur prairies et l’ajustement de la pression de pâturage sur certaines période », « le maintien de la richesse floristique d’une prairie permanente », ou bien encore la « mise en place de lutte biologique »… et aussi par 90 jours/an d’animation pour la chambre d’agriculture et son salarié !

Par ailleurs, « bizarrerie »remarquable,  ce plan public qui vise 58 exploitations agricoles en 2017,  prévoie le financement d’un poste d’un animateur de la Ligue de Protection des Oiseaux.

La LPO « présente » dans ce PAEC donc, et ce au prétexte d’une Zone de Protection Spéciale concernant la conservation des oiseaux sauvages (Natura 2000). Surprenant, le choix de la Ligue de Protection des Oiseaux comme animateur du monde paysan de l’Artense et du Cezallier…

Contrat de territoire, PAEC, PAC, FEADER…L’argent investi va-t-il produire des résultats ?

A ce compte-là, pourquoi alors ne finançons-nous pas les interventions des salariés techniciens des « Pêcheurs » présents « gratuitement » à chaque Comité de Pilotage, et sollicités régulièrement pour leurs connaissances, leurs réseaux, leurs archives, leurs études. Les pêcheurs, même sollicités, pour leurs finances en accompagnement de mesures du contrat, …et ce au titre par exemple, des « réservoirs biologiques piscicoles » classés de la Couze Pavin. De quoi satisfaire les 2000 membres pêcheurs et électeurs de la vallée ! Nous nous égarons…

En fait, il semble qu’à 500 € l’intervention jour du technicien LPO, comme celui de la Chambre d’Agriculture d’ailleurs, soit au total, 5000 € de budget « animation » pour la LPO en 2017, et plus de 45 000 € pour la CDA63, Le PAEC stimule tout autant les appétits des bovins que ceux des vautours, mais pas des poissons !

Plaisanterie mise à part ! Le financement de postes d’animation ne serait pas dérangeant si les résultats étaient déjà connus : 58 exploitants « à rencontrer » donc par le PAEC en 2017 ! Bien ! Et combien de « contractualiser » sur les 31 vus en 2016 ? Nous ne savons pas à cette heure : Réponse courant mai, pour les premiers contrats éventuels…encore une inquiétude !

Des pratiques révélées au grand jour …

Épandage des effluents…il nous faut mieux maitriser ses apports de nutriments !

De quoi s’interroger donc sur le volet agricole, d’autant plus qu’un autre échantillonnage dédié aux pratiques de nos exploitants locaux réalisés sur 24 sites et concernant  la gestion des effluents, révèle que :

  • 63% des effluents produits sont liquides,
  • 46% des exploitations ne sont pas aux normes
  • 71% des exploitants réalisent des épandages en période hivernale,
  • l’on constate un excès en azote sur les prairies peu productives et un déficit sur prairies plus « intensives »,
  • En moyenne le stockage des effluents peut se faire de 3,2 à 3,8 mois,
  • l’autonomie fourragère est atteinte dans la majorité des cas.

Le remède proposé…une plaquette d’information en 2017 !

Alors que depuis plus de 50 ans l’apport de nutriments, surtout phosphorés, et azotés ponctuellement, aussi d’origine agricole, est le tout premier facteur de dégradation de la masse d’eau « Couze Pavin » ! Nous sommes là dans l’expectative !

Une agriculture locale qui se cherche…

Le problème principal ne serait-il pas dans le déni de principe : une posture d’un lobby industriel puissant, loin de sa base sociétale, capable d’influer par delà la volonté locale, qui a pourtant exclu le syndicat majoritaire de la profession (le gardien de l’industrie agroalimentaire française !) de la tête de la chambre d’agriculture du 63 ! Compte tenu des premiers bilans, nous nourrissons effectivement des doutes sur une réelle adhésion majoritaire de nos exploitants au projet du PAEC, alors qu’une étude Ifop, rendue publique le 14 mars dernier révèle que plus de « 90% des personnes interrogées jugent « tout à fait » (49%) ou « assez » (41%) prioritaire une « réforme » du modèle agricole qui passerait par une « transition agricole et alimentaire », c’est-à-dire « la mise en place et le développement d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, produisant des aliments locaux, plus sains et sûrs ». Par ailleurs cette même étude révèle « que 82% des Français (42% tout-à-fait et 40% plutôt) se disent favorables à une « réorientation des subventions vers une agriculture biologique et paysanne »…Appel du pied politique d’autant plus marqué que deux tiers de nos compatriotes seraient disposés à payer plus cher leurs produits alimentaires (64%), là aussi selon une autre étude Ifop !

Pour sûr ! avec plus d’1,2 milliards d’€ du FEADER sur la période 2014 -2020 : De quoi changer les pratiques…pour ceux qui veulent !

Les Français plébiscitent donc une nouvelle orientation, nos politiques suivent « lentement » en tentant de concilier les aspirations des uns avec les difficultés des autres.

Aussi avec plus de 4,8 millions d’€ d’aides financières de la PAC distribuées à nos exploitants locaux en 2014, soit plus de 26 500 € en moyenne pour les 181 bénéficiaires recensés, associés aux 1,2 milliards d’€ sur la période 2015-2020, pour la seule Auvergne (2e région française la mieux dotée) au titre du FEADER (instrument financier de la politique de développement rural de l’Union Européenne mise en œuvre dans le cadre du second pilier de la Politique Agricole Commune), il semblerait « normal » que l’on obtienne aussi quelques résultats sur notre environnement.

A n’y rien comprendre donc ! Que faut-il de plus pour changer de modèle de production qui conduit inexorablement à détruire ce métier ? (diminution de plus de 40 % du nombre d’exploitations sur le bassin versant depuis 1988, 48% des chefs d’exploitation ont plus de 50 ans, etc. ). Nous achetons même, par solidarité, notre fromage à des producteurs de la vallée en toute connaissance de causes…notre paradoxe assumé ! l’espoir du « mieux vivre ensemble » peut-être !

Enfin nous terminerons cette revue du contrat sur une note positive au travers des actions portées par ces images de sensibilisation des milieux scolaires et ce malgré une communication digitalisée du Contrat toujours en construction. Le changement viendra peut-être de là…

Tenir le cap malgré tout…

En conclusion, vous l’aurez compris nous continuerons de soutenir tous les acteurs en charge du contrat de territoire, y compris nos agriculteurs, même si nous sommes désormais mesurés sur l’impact final de l’investissement consenti. Les points durs, tels le travail sur la qualité du milieu ne sont abordés actuellement que de manière trop superficielle pour obtenir un effet de levier puissant à la hauteur des enjeux ! C’est ainsi. Si nous saluons les mots, les intentions, et les investissements financiers disponibles, nous constatons déjà la fragilité des premiers résultats. Contexte multiple de gestion et de responsabilité, usagers agricoles « en crise » forcément difficiles à mobiliser, volonté affichée pas toujours partagée, aptitude fragile à la conduite du changement des organismes pilotes…les alertes sont nombreuses malgré la bonne volonté apparente des salariés en charge des animations respectives.

Représentants locaux de la société civile, nous regrettons simplement que l’individualisme galopant de notre société transpire par-delà nos volcans et touche nos territoires ruraux, notre culture de partage. Territoire où chacun s’il a le droit de s’épanouir dans son activité devrait surtout avoir le devoir de ne plus altérer notre avenir collectif. Nos élus en sont normalement les garants ! Ce bout d’Auvergne n’échapperait donc pas à la règle nationale. Nous espérons néanmoins que nos singularismes, notre volonté collective et locale nous permettront de grandir ensemble quitte à s’affranchir des instances nationales voir Européennes…le bon sens paysan d’Auvergne nous habite, nous en sommes surs ! Espérons qu’il prenne forme désormais dans les faits pour servir un résultat : une qualité de vie remarquable !

*http://ec.europa.eu/environment/eir/pdf/report_fr_fr.pdf

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