Échec patent de la politique nationale de réduction de l’usage des pesticides, le premier plan ecophyto de 2008 visait à réduire de moitié leur usage. Le second plan adopté en 2015, les politiques nationales peinent toujours à obtenir un résultat. Seule l’interdiction stricte des produits permet de tirer quelques bénéfices manifestement…

Quelques extraits de ce rapport ministeriel1 sur leurs usages.

Depuis 2009 et selon la Banque nationale des ventes de produits phytosanitaires, les achats de pesticides progressent pour s’établir à 68 milliers de tonnes en 2015.

Malgré une réduction des produits autorisés dans les jardins, avec une diminution de plus de 5 % par an depuis 2009, les ventes des produits bénéficiant de la mention « emploi autorisé dans les jardins » – (« EAJ ») représentent 8 % de la vente de la totalité des produits phytosanitaires en 2015.

A noter également une réduction des teneurs dans les eaux superficielles : les teneurs en pesticides dans les cours d’eau, pondérées des risques environnementaux qu’elles représentent pour la faune et la flore aquatique, baissent légèrement sur la période 2009-2014. Cette tendance est principalement portée par l’évolution des teneurs en herbicides, dont plusieurs substances, parmi les plus écotoxiques, ont été récemment interdites.

DES VENTES EN HAUSSE ENTRE 2009 ET 2015

Depuis 2009, la tendance de ces ventes est globalement à la hausse, alors que la surface agricole utilisée (SAU) a diminué de 0,9 % (graphique 1). Les variations climatiques (températures et hygrométrie) qui conditionnent le développement des ravageurs, maladies et adventices expliquent très largement les variations annuelles constatées. Les ventes de l’année 2015 sont supérieures à la moyenne des ventes des 7 dernières années qui s’élève à 65,7 milliers de tonnes.

DES USAGES QUI VARIENT SELON LE TYPE DE CULTURE

L’indicateur de fréquence de traitement (IFT) permet d’observer l’intensité d’utilisation des produits phytosanitaires par culture. Il mesure le nombre moyen de doses homologuées par ha de culture pendant une campagne.

Dans l’ensemble, les IFT de la campagne 2014 sont en légère augmentation par rapport à 2011 pour les cultures de blé tendre, orge, colza, pomme de terre et canne à sucre (graphique 2). L’utilisation accrue des fongicides en 2014, en raison d’une plus forte pluviométrie, explique essentiellement cette variation.

Dans un contexte de réduction de leurs surfaces, les cultures fruitières reçoivent toujours un volume conséquent de traitements phytosanitaires. Avec 20 % des surfaces de vergers les pommiers, par exemple, bénéficient de 35 traitements par an en 2015 (idem en 2011).

MALGRÉ LES USAGES, LES TENEURS EN PESTICIDES ONT LÉGÈREMENT DIMINUÉ DANS LES COURS D’EAU DEPUIS 2009

En France métropolitaine, l’indice d’évolution de la présence des pesticides dans les cours d’eau (IPCE), prenant en compte l’écotoxicité de chacune des substances, baisse d’environ 10 % entre 2009 et 2014, malgré un pic en 2012 (graphique 3, courbe violette). Cette évolution est principalement due aux herbicides. Ce groupe n’est pas le plus écotoxique mais le plus présent dans les milieux aquatiques. Les teneurs en herbicides diminuent ainsi de 5 % en 2014 par rapport à l’année précédente. La tendance sur les fongicides et les insecticides est moins marquée, avec une quasi-stabilité depuis 2011. La tendance est également influencée par la météorologie, qui conditionne les épandages et peut favoriser les mécanismes de dérive et transfert.

DES TENDANCES PAR BASSIN PLUS CONTRASTÉES

Si la tendance nationale est en légère baisse, les évolutions locales sont plus contrastées (carte 2). Selon le précédent découpage administratif, les régions Centre, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées concentrent une grande partie des bassins versants en hausse sur la période. Les herbicides de grande culture y sont effectivement en hausse notable.

ET EN AUVERGNE

Retrouvez ce rapport complet  : http://www.fredon-auvergne.fr/phyteauvergne/pdf/Plaquette_BSA_2016_web.pdf

ET POUR LE BASSIN DE LA COUZE PAVIN

Le point d’analyse de Phyt’eauvergne étant en aval d’Issoire, c’est-à-dire à l’entrée de la plaine céréalière, proche de l’embouchure avec l’Allier, il en ressort en conclusion un niveau faible de contamination. Les conditions climatiques influant grandement les transferts jusqu’au cours d’eau, ce graphique ci-dessous retrace les évolutions des prélèvements et le suivi associé. Il en ressort au global la détection de 16 molécules dont les plus présentes sont liés à deux herbicides relevés à l’état de traces de la culture du Mais. En revanche le présence de dix herbicides à usage multiple ont été détecté (entretien de voirie, des parcs et de jardins…mais aussi en agriculture). Nul doute que l’interdiction de d’emploi pour les collectivités devrait révéler l’origine des derniers herbicides utilisés : http://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand/economie/agroalimentaire/2016/11/18/ces-communes-auvergnates-qui-ont-banni-les-pesticides_12153671.html

Pour aller plus loin pour la Couze Pavin et toutes les rivières d’Auvergne : http://www.phyteauvergne.fr/rubrique.php3?id_rubrique=3

Source 1 : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Datalab_essentiel/2017/datalab-essentiel-94-pesticides-mars2017.pdf

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